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Droit

Sport : le racisme continue de dicter l’accès aux terrains

ONU : Droits humains · mis à jour 2 juil.

Le sport est souvent présenté comme un langage universel, capable de transcender les frontières, les origines et les croyances. Pourtant, derrière cette image d’inclusion, les discriminations raciales continuent de déterminer qui peut accéder aux terrains, progresser jusqu’à un haut niveau ou exercer des responsabilités au sein des instances sportives..

Rapport ONU sur le racisme

Une experte indépendante des Nations Unies, Ashwini K.P., a présenté un rapport le 2 juillet 2026 devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Ce document analyse comment le racisme influence encore l’accès au sport dans le monde. Selon l’experte, le sport, qui devrait être un vecteur d’expression culturelle et d’identité collective, reste inégalement accessible. Elle souligne que des stéréotypes persistants affectent la manière dont les athlètes sont repérés, entraînés et sélectionnés. Le rapport met en lumière la sous-représentation des minorités raciales et ethniques, notamment les communautés opprimées par le système des castes, dans les pratiques sportives. Ashwini K.P. recommande aux États de recueillir des données sur les discriminations raciales dans le sport, d’investir dans les infrastructures, de garantir un accès équitable et de revoir les règles d’éligibilité discriminatoires. Elle rappelle aussi les obligations des États en vertu de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale.

Barrières économiques majeures

Le rapport révèle que les inégalités d’accès au sport commencent dès l’enfance. Les obstacles incluent le coût de la pratique, l’éloignement géographique des infrastructures, le manque d’équipements ou d’encadrement de qualité, et les difficultés financières pour se nourrir ou se déplacer. Ces barrières pénalisent particulièrement les familles modestes. Dans le territoire palestinien occupé, la situation est aggravée par les restrictions de circulation et la destruction d’infrastructures sportives, rendant impossible la participation à des compétitions internationales pour de nombreux athlètes. Ces obstacles réduisent les chances de progression vers le haut niveau et privent les jeunes des bénéfices physiques, psychologiques et sociaux du sport. Le rapport souligne que ces inégalités économiques s’inscrivent dans l’héritage du colonialisme et des discriminations historiques, avec des populations racisées souvent concentrées dans des zones moins dotées en infrastructures publiques.

Règles sportives discriminatoires

Certaines règles sportives, bien que non explicitement racistes, produisent des effets discriminatoires. Le rapport cite l’interdiction du hijab (voile islamique) imposée par les fédérations françaises de football et de basket-ball, qui touche des femmes déjà victimes de discriminations croisées liées à leur origine, leur religion et leur sexe. Il mentionne aussi les règles de World Athletics (fédération internationale d’athlétisme) concernant les athlètes utilisant des prothèses ou les limites de taux de testostérone, qui pourraient affecter de manière disproportionnée les sportifs noirs et les athlètes féminines des pays en développement. L’experte souligne que ces règles, si elles ne respectent pas le droit international des droits de l’homme, risquent de renforcer les discriminations raciales.

Sous-représentation dans les instances

Les inégalités ne se limitent pas aux terrains : les personnes racisées sont largement sous-représentées dans les postes de direction du sport. En Europe, la grande majorité des postes de direction dans le football est occupée par des hommes blancs, une homogénéité qui affaiblit la capacité des institutions à lutter contre le racisme. Le rapport évoque aussi les travaux de la Commission Hamilton, créée en 2021 par Lewis Hamilton, pilote de Formule 1, qui avait révélé la faible représentation des personnes noires et des groupes racisés dans les fonctions de direction, de management ou d’ingénierie dans les sports automobiles. Pour remédier à cette situation, l’experte appelle à des mécanismes de réparation, à l’éducation et à des campagnes de sensibilisation, ainsi qu’à une refonte des règles et des pratiques de gouvernance des fédérations sportives.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire les inégalités, l’experte indépendante des Nations Unies propose plusieurs mesures. Les États sont invités à garantir un accès égal au sport, à investir dans les infrastructures, à recueillir des données sur les discriminations raciales et à mettre en place des mécanismes de réparation pour les victimes. Les fédérations sportives doivent identifier les obstacles à la participation, revoir leurs règles d’éligibilité et intégrer les normes internationales des droits humains dans leur gouvernance. L’experte insiste sur la nécessité de stratégies globales qui s’attaquent aux causes profondes des discriminations, plutôt que sur des gestes symboliques. Elle conclut que ces efforts doivent permettre de redistribuer les opportunités et de démanteler les déséquilibres de pouvoir liés au racisme dans le sport.

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