Le Brésil, un géant aux ressources convoitées
Le dimanche 4 octobre se dérouleront les élections générales brésiliennes – dont le premier tour de l’élection présidentielle. Un scrutin qui conditionnera la politique étrangère de ce pays riche en ressources, et notamment ses relations avec les États-Unis de Trump et avec la Chine..
Le Brésil est la dixième économie mondiale avec un produit intérieur brut (PIB) de 2 280 milliards de dollars en 2025, selon la Banque mondiale. Ce pays d'Amérique du Sud compte 213 millions d'habitants, ce qui en fait le plus grand pays de la région. Membre fondateur des Brics (groupe de pays émergents incluant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud), il affiche une croissance économique de 2,3 % en 2025. Ces chiffres illustrent son poids géopolitique et économique sur la scène internationale, notamment lors des élections générales prévues le 4 octobre 2026, qui incluent le premier tour de la présidentielle.
Les élections générales brésiliennes, dont le premier tour de la présidentielle, se déroulent le 4 octobre 2026. Deux candidats principaux s'affrontent : Luiz Inácio Lula da Silva, surnommé Lula, président sortant de 80 ans et candidat à sa réélection, et Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison. Ce scrutin est crucial car il déterminera la politique étrangère du Brésil, notamment ses relations avec les États-Unis et la Chine, deux puissances majeures avec lesquelles le pays entretient des liens économiques et diplomatiques complexes.
L'économie brésilienne repose en grande partie sur son secteur agroalimentaire, qui représente un quart de sa richesse nationale. Près de la moitié des exportations du pays proviennent de ce secteur, avec des produits comme le soja (leader mondial avec 55 % du commerce mondial), la viande de bœuf et de poulet, le jus d'orange, le café et le sucre. Ces exportations sont principalement destinées à la Chine (34 %), à l'Union européenne (15 %) et aux États-Unis (7 %). Le Brésil joue ainsi un rôle clé dans l'alimentation mondiale, nourrissant une partie importante de la planète grâce à sa production agricole massive.
Le Brésil possède d'importantes ressources en terres rares, des minerais essentiels pour les technologies numériques et la transition énergétique. Avec 21 millions de tonnes de ressources identifiées, il est le deuxième pays au monde derrière la Chine en termes de réserves prouvées. Ces minerais, comme le néodyme ou le dysprosium, sont indispensables pour fabriquer des éoliennes, des smartphones ou des batteries de véhicules électriques. Leur exploitation suscite l'intérêt des États-Unis, notamment sous l'administration de Donald Trump, qui cherche à sécuriser ses approvisionnements pour réduire sa dépendance à la Chine.
Le Brésil abrite 59 % de son territoire couvert par des forêts, ce qui en fait un acteur majeur dans la régulation du climat mondial, malgré une déforestation massive. Bien que la déforestation ait ralenti sous les mandats de Lula, elle reste un problème environnemental majeur. La forêt amazonienne, souvent appelée le poumon de la planète, joue un rôle crucial dans l'absorption du dioxyde de carbone et la production d'oxygène. Sa préservation est donc essentielle pour lutter contre le changement climatique, mais elle est menacée par l'expansion agricole et l'exploitation minière.
Le Brésil entretient des relations économiques étroites avec deux grandes puissances : la Chine et les États-Unis. La Chine est son premier partenaire commercial, absorbant 34 % de ses exportations, principalement des produits agricoles. Les États-Unis, bien que moins importants en volume, restent un partenaire stratégique, notamment pour les investissements et les échanges technologiques. Cette dépendance économique expose le Brésil à des pressions géopolitiques, notamment en cas de tensions entre ces deux pays. Les élections de 2026 pourraient influencer l'orientation de ces relations, avec des enjeux majeurs pour l'avenir du pays.

