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Géopolitique

Ces jeunes Tunisiens qui veulent croire au retour d’Ennahda : “Nous allons nous relever”

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Après des années d’interdiction sous Bourguiba puis Ben Ali, le parti islamiste avait remporté les premières élections libres organisées dans la foulée de la révolution de 2011, devenant un acteur central des coalitions successives au pouvoir. Mais, sous la présidence de Kaïs Saïed, Ennahda subit une sévère répression.

Ennahda, un parti historique

Ennahda est le principal parti islamiste de Tunisie, fondé dans les années 1980 sous le nom de Mouvement de la tendance islamique. Interdit pendant des décennies sous les régimes autoritaires de Habib Bourguiba (1957-1987) et Zine el-Abidine Ben Ali (1987-2011), il a pu émerger après la révolution tunisienne de 2011, qui a renversé Ben Ali. Lors des premières élections libres organisées en 2011, Ennahda a remporté une large victoire et est devenu un acteur central de la vie politique tunisienne, participant à plusieurs coalitions gouvernementales. Le parti se définit comme un mouvement modéré, cherchant à concilier islam et démocratie, bien que ses détracteurs l’accusent parfois de cacher des ambitions plus radicales.

Répression sous Kaïs Saïed

Depuis 2021, le président tunisien Kaïs Saïed mène une politique de répression contre Ennahda, accusant le parti de corruption et de menaces pour la stabilité du pays. Cette répression s’est intensifiée avec l’arrestation de nombreux dirigeants du mouvement, la fermeture de ses bureaux et des restrictions accrues sur ses activités. Kaïs Saïed a également pris des mesures pour réduire les pouvoirs du Parlement et des institutions judiciaires, ce qui a été critiqué par des organisations de défense des droits humains comme une dérive autoritaire. En 2026, Ennahda est donc affaibli, mais certains de ses membres refusent de considérer cette période comme une fin définitive.

Jeunes militants optimistes

Malgré la répression, des jeunes Tunisiens, comme Ahmed, un militant de 23 ans originaire d’un quartier populaire de Tunis, continuent de soutenir Ennahda. Pour eux, cette période difficile n’est pas une défaite, mais une étape dans l’histoire du parti. Ils estiment que les erreurs passées ont été reconnues et que le mouvement se renouvelle, notamment en renouvelant sa direction. Leur espoir repose sur l’idée que l’islam politique reste une aspiration forte pour une partie de la jeunesse tunisienne, qui cherche une identité culturelle et religieuse. Ahmed déclare ainsi : « C’est une renaissance, nous allons nous relever. »

Ce que ça pourrait changer

L’avenir d’Ennahda reste incertain en 2026. Bien que ses jeunes militants croient en un retour du parti, la situation politique en Tunisie est marquée par une forte polarisation et une défiance envers les partis traditionnels. Kaïs Saïed, qui a suspendu le Parlement en 2021 et concentré les pouvoirs entre ses mains, reste un adversaire redoutable. Les observateurs soulignent que le parti doit encore prouver sa capacité à s’adapter aux nouvelles réalités politiques et sociales du pays, tout en surmontant les divisions internes. Le retour d’Ennahda au pouvoir dépendra largement de l’évolution de la situation économique et sociale en Tunisie, ainsi que de la capacité du parti à regagner la confiance des Tunisiens.

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