Ce médicament développé grâce à l’IA permet d’inverser le vieillissement : la folle découverte de ce labo pharmaceutique
Destiné, en premier lieu, à soigner une pathologie des poumons, ce médicament conçu par IA a fait perdre plusieurs années biologiques aux patients testés..
Le rentosertib est une molécule développée par l’entreprise biotech américaine Insilico Medicine à l’aide de l’intelligence artificielle générative. Initialement conçue pour traiter une maladie pulmonaire rare appelée fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), cette molécule a révélé un effet inattendu lors des essais cliniques. La FPI est une pathologie qui provoque la formation de tissus cicatriciels dans les poumons, entraînant une dégradation progressive de la respiration et de la qualité de vie des patients. Contrairement aux traitements existants, qui se contentent de ralentir l’évolution de la maladie, le rentosertib a montré des résultats surprenants, notamment un rajeunissement biologique chez les patients traités.
Lors d’un essai clinique portant sur 42 patients, les chercheurs ont observé que ceux traités avec le rentosertib présentaient un âge biologique inférieur de 2,7 à 3,5 ans par rapport au groupe sous placebo. Pour mesurer cet effet, les scientifiques ont utilisé six horloges protéomiques, des algorithmes qui analysent le dosage de milliers de protéines dans le sang pour estimer l’âge réel du corps. Ces horloges comparent les profils protéiques des patients à ceux de personnes en bonne santé. Le résultat est d’autant plus significatif que les six horloges, indépendantes les unes des autres, ont convergé vers la même conclusion. Cependant, les chercheurs soulignent que ce rajeunissement apparent pourrait être lié à une réduction de l’inflammation pulmonaire, et non à un véritable ralentissement du vieillissement.
En plus de ses effets sur l’âge biologique, le rentosertib a montré une amélioration significative de la capacité respiratoire des patients. Ceux traités à une dose de 60 mg ont gagné 98,4 ml de capacité vitale forcée (CVF), un indicateur qui mesure le volume d’air maximal qu’une personne peut expirer en une fois. À l’inverse, le groupe placebo a perdu 20,3 ml de CVF. Cet écart de près de 120 ml est inédit dans le traitement de la FPI. La CVF est un paramètre clé pour évaluer la gravité de la maladie et la qualité de vie des patients. Les traitements actuels contre la FPI, comme le nintédanib et la pirfénidone, ne permettent pas une telle amélioration.
Malgré ces résultats prometteurs, les chercheurs invitent à la prudence. La FPI est une maladie inflammatoire qui modifie le profil protéique du sang, et c’est précisément ces protéines que les horloges protéomiques analysent pour estimer l’âge biologique. Ainsi, le rentosertib, en réduisant l’inflammation pulmonaire, pourrait simplement normaliser des marqueurs sanguins que les algorithmes interprètent comme un signe de rajeunissement, sans que le corps ait réellement vieilli moins vite. Pour trancher cette question, un essai clinique sur des sujets sains serait nécessaire, mais il n’est pas prévu dans l’immédiat. Les chercheurs ont tout de même partagé leurs données et outils d’analyse en accès libre pour permettre à d’autres équipes de reproduire et vérifier leurs résultats.
Si le *rentosertib* ne s’avère pas être un traitement contre le vieillissement, il pourrait représenter une avancée majeure dans la lutte contre la fibrose pulmonaire idiopathique. Cette maladie, qui touche environ **1 personne sur 5 000** dans le monde, a un pronostic sombre et aucun traitement ne permet actuellement de guérir les patients. Les essais cliniques de phase III, lancés en juillet 2026, visent à confirmer l’efficacité du médicament contre la FPI, mais ne permettront pas de répondre à la question du vieillissement. Insilico Medicine a déposé ses données auprès du Centre national chinois de bioinformatique et publié ses outils d’analyse en libre accès, une démarche visant à garantir la transparence et la reproductibilité des résultats.

