Dépouillements judiciaires possibles dans Saint-Henri–Sainte-Anne et Vachon
Le PLQ a remporté de justesse ces deux circonscriptions, lundi soir. Des contestations pourraient poindre..
Les élections législatives québécoises de 2026 ont révélé deux victoires très serrées du Parti libéral du Québec (PLQ) dans la région de Montréal. Dans la circonscription de Saint-Henri–Sainte-Anne, le député sortant Guillaume Cliche-Rivard (Québec solidaire, QS) a été battu par seulement 39 voix face à Benoît Clermont (PLQ), un proche du chef du parti Charles Milliard. À Vachon, sur la Rive-Sud, la libérale Affine Lwalalika a remporté l’élection avec une avance de 14 voix sur Stephan Fogaing (Parti québécois, PQ). Ces écarts inférieurs à 0,1 % du total des votes pourraient déclencher des demandes de recomptage judiciaire, une procédure légale permettant de vérifier l’exactitude des résultats. Les candidats défaits n’ont pas encore officiellement déposé de requête, mais ils ont évoqué cette possibilité dans les jours suivant le scrutin.
Ces deux circonscriptions sont stratégiques pour les partis politiques. Saint-Henri–Sainte-Anne, dans le sud-ouest de Montréal, était représentée par Guillaume Cliche-Rivard depuis une élection partielle en 2022, après la démission de Dominique Anglade, ancienne cheffe du PLQ. Vachon, située à Longueuil, est une circonscription clé pour le PQ, car sa victoire aurait pu rapprocher ce parti d’une majorité à l’Assemblée nationale. Stephan Fogaing, candidat péquiste dans Vachon, avait déjà été porte-parole de son parti en matière de diversité et avait dû se battre en justice pour conserver son poste de fonctionnaire. Ces défaites sont perçues comme des revers importants pour QS et le PQ, d’autant que les sondages ne prévoyaient pas une victoire libérale dans ces comtés.
Au Québec, il n’existe pas de recomptage automatique des voix. La loi électorale prévoit qu’un candidat arrivé en deuxième position peut demander un dépouillement judiciaire dans les quatre jours suivant la proclamation des résultats, à condition que l’écart entre les deux premiers soit inférieur à un millième des votes exprimés. Par exemple, à Vachon, où 37 137 bulletins ont été comptés, l’avance de 14 voix (soit 0,037 %) permet cette démarche. En revanche, à Saint-Henri–Sainte-Anne, avec 36 557 votes et un écart de 39 voix (0,11 %), la marge est trop large pour une demande automatique. Cependant, un recomptage peut aussi être demandé si un candidat estime que des bulletins ont été mal comptés ou rejetés illégalement, ou si le relevé du dépouillement est jugé inexact. Le directeur du scrutin effectue d’abord un recensement des votes, une opération qui peut prendre plusieurs heures ou jours.
Guillaume Cliche-Rivard (QS) a indiqué sur les réseaux sociaux qu’une requête en recomptage était à l’étude, soulignant que moins de 40 voix séparaient les deux candidats. Sol Zanetti, co-porte-parole de QS, a confirmé que cette option était envisagée, sans décision finale. À Vachon, l’avance d’Affine Lwalalika (PLQ) est passée de 14 à 10 voix après le recensement, ce qui a pu renforcer les doutes sur la régularité du scrutin. Pour l’instant, ni QS ni le PQ n’ont officiellement déposé de demande, mais les partis ont jusqu’à quatre jours après la proclamation des résultats pour le faire. En Mauricie, dans la circonscription de Champlain, une autre élection serrée a eu lieu, mais le candidat péquiste n’a finalement pas contesté sa défaite face à la conservatrice Adriana Szalontai, qui l’a emporté par 191 voix.

