Un ingénieur aurait installé un dispositif d’écoute lors d’une réunion de la direction d’OpenAI – il a été arrêté par le FBI
Les laboratoires d'intelligence artificielle protègent jalousement leurs secrets, convoités par les concurrents comme par les États. L'un d'eux vient pourtant de découvrir un intrus bien physique derrière l'écran d'une salle de réunion.
Le 14 octobre 2026, le ministère américain de la Justice a annoncé l’arrestation d’Abdulrahman Alfozan, un ingénieur de 35 ans travaillant chez OpenAI, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA). Il est accusé d’espionnage industriel pour avoir installé un dispositif d’écoute dans une salle de réunion de la direction de l’entreprise. Cette affaire a été rendue publique le 19 octobre 2026. L’ingénieur risque jusqu’à cinq ans de prison et une amende maximale de 250 000 dollars. Il a été licencié par OpenAI le jour même de son arrestation, le 9 octobre 2026.
Fin septembre 2026, des employés d’OpenAI ont découvert un enregistreur audio dissimulé derrière un téléviseur dans une salle de réunion confidentielle. L’appareil était relié à un port USB du téléviseur pour être alimenté en électricité. Un second dispositif identique a été retrouvé dans un sac oublié près d’une imprimante, accompagné du portefeuille et de la pièce d’identité du suspect. Les images de vidéosurveillance ont montré que l’ingénieur s’était rendu à plusieurs reprises près de cette salle, bien qu’il n’y ait pas accès normalement. Depuis, des caméras ont été installées dans cette pièce.
Le dispositif d’écoute utilisé par l’ingénieur était une carte électronique vendue environ 24 dollars sur internet, appelée Seeed XIAO ESP32-S3 Sense. Il s’agit d’un microcontrôleur, un petit composant électronique programmable, équipé d’un micro et d’une connexion sans fil. L’appareil stockait les enregistrements sur une carte mémoire chiffrée, c’est-à-dire protégée par un code pour empêcher l’accès aux données sans la clé de déchiffrement. Ces caractéristiques visaient à rendre le dispositif discret et difficile à détecter.
OpenAI est une entreprise américaine très influente dans le domaine de l’intelligence artificielle, avec des projets stratégiques souvent protégés par des secrets industriels. Ces secrets sont convoités par des concurrents ou des États, ce qui explique l’importance accordée à la sécurité des informations. L’affaire met en lumière les risques liés à la cybersécurité physique, c’est-à-dire la protection des données et des équipements contre les intrusions physiques, en plus des protections numériques. L’entreprise a indiqué détenir des indices suggérant que d’autres dispositifs d’écoute pourraient avoir été installés dans d’autres lieux sensibles.
Le dossier judiciaire révèle un élément surprenant : un compte d’assistant conversationnel, comme ceux utilisés pour interagir avec des outils d’intelligence artificielle, aurait été utilisé pour préparer l’installation du dispositif. Ce compte, associé à l’épouse de l’ingénieur mais utilisant des identifiants partagés, aurait reçu plusieurs demandes inhabituelles. Parmi celles-ci figuraient des questions sur la fabrication d’un enregistreur discret, ce qui a alerté les enquêteurs. Ce cas illustre les usages détournés possibles des outils d’IA dans des contextes malveillants.

