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Géopolitique

Élections en Israël : Nétanyahou redoute le vote des expatriés

Courrier International · mis à jour 23 sept.

À quelques semaines des législatives, le Likoud du Premier ministre israélien tente de faire obstacle aux initiatives destinées à faciliter la venue des Israéliens vivant à l’étranger pour voter. Une bataille juridique qui révèle les inquiétudes du pouvoir à l’égard d’un électorat potentiellement favorable à l’opposition..

Contexte électoral

Les élections législatives israéliennes sont prévues pour le 27 octobre 2026. À quelques semaines de ce scrutin, le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou et son parti, le Likoud, semblent inquiets face à une initiative visant à faciliter le vote des Israéliens vivant à l'étranger. Cette préoccupation s'inscrit dans un contexte politique tendu où le pouvoir en place craint que ces électeurs, souvent installés dans des pays démocratiques, ne soutiennent majoritairement l'opposition. Israël se distingue par une particularité : contrairement à la plupart des démocraties, il impose à ses citoyens de voter en personne sur le territoire national, rendant leur participation logiquement plus complexe pour les expatriés.

Initiative Fly & Vote

Une organisation américaine appelée AID Coalition a lancé une initiative nommée Fly & Vote pour aider les Israéliens expatriés à voter lors des prochaines élections. Ce projet propose plusieurs services gratuits : vérification de l'inscription sur les listes électorales, renouvellement des passeports, démarches administratives et coordination logistique. L'objectif affiché est d'accompagner environ 70 000 expatriés sur les 500 000 Israéliens en âge de voter vivant à l'étranger. L'organisation précise qu'elle ne finance aucun billet d'avion et ne soutient aucun parti politique. Pourtant, cette initiative est perçue comme une menace par le Likoud, qui y voit un moyen potentiel de mobiliser un électorat défavorable au gouvernement actuel.

Réaction du Likoud

Le parti de Nétanyahou, le Likoud, a entrepris des démarches juridiques pour entraver le projet Fly & Vote. Selon le quotidien israélien de gauche Ha’Aretz, cette opposition s'explique par la crainte que les expatriés, souvent installés dans des pays occidentaux, ne votent majoritairement pour des partis d'opposition. En effet, les Israéliens vivant à l'étranger sont souvent perçus comme plus critiques envers la politique intérieure du gouvernement, notamment sur des sujets comme la gestion du conflit israélo-palestinien ou les réformes judiciaires controversées. Le Likoud craint donc une perte de voix qui pourrait influencer le résultat des élections.

Enjeux démocratiques

Cette situation soulève une question de fond sur la démocratie israélienne : doit-on faciliter l'accès au vote pour tous les citoyens, où qu'ils se trouvent ? Le projet Fly & Vote est présenté comme un moyen de renforcer la participation démocratique, en permettant à des milliers d'Israéliens de voter sans contrainte géographique. Cependant, le gouvernement actuel semble privilégier la stabilité politique à l'élargissement des droits électoraux. Cette tension illustre un débat plus large sur l'équilibre entre la souveraineté nationale et les droits des citoyens, surtout dans un pays où la participation électorale est traditionnellement élevée.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette affaire. Benjamin Nétanyahou, Premier ministre et chef du Likoud, incarne le pouvoir en place et cherche à protéger ses intérêts électoraux. L'organisation AID Coalition, à l'origine de *Fly & Vote*, représente la société civile et milite pour une démocratie plus inclusive. Le quotidien *Ha’Aretz*, de tendance progressiste, critique ouvertement la position du Likoud, soulignant le paradoxe d'un gouvernement qui limite l'accès au vote tout en se revendiquant démocratique. Enfin, les 500 000 Israéliens expatriés forment un groupe hétérogène dont les choix électoraux pourraient influencer l'issue du scrutin.

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