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Géopolitique

Dans la Corne de l’Afrique, l’Éthiopie fait l’unanimité contre elle

Courrier International · mis à jour 5 oct.

Alors que l’Éthiopie a replongé dans la guerre civile, avec des combats qui reprennent notamment dans la région du Tigré, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte ont organisé un sommet consacré à la sécurité dans la Corne de l’Afrique. Ces quatre pays convergent dans leurs griefs respectifs contre Addis-Abeba..

Guerre au Tigré

En septembre 2026, l’Éthiopie a replongé dans un conflit armé dans la région du Tigré, située au nord du pays. Ce conflit oppose principalement le gouvernement fédéral éthiopien, dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed, à des groupes armés régionaux, dont le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Le TPLF, qui contrôlait de facto la région depuis avril 2026 après en avoir chassé l’administration fédérale, a lancé une contre-offensive le 23 septembre 2026. Les combats ont repris avec une intensité particulière, notamment autour de la capitale régionale, Mekele, et de son aéroport. Le 2 octobre 2026, les forces fédérales, soutenues par les Forces de paix du Tigré (TPF), une milice progouvernementale locale, ont repris Mekele et son aéroport. Le TPLF a annoncé s’être temporairement retiré de la ville pour éviter des destructions supplémentaires, tout en précisant vouloir établir une nouvelle administration intérimaire dans la région afin d’organiser des élections régionales dans les mois à venir.

Alliances régionales

La situation en Éthiopie a provoqué une convergence de griefs entre quatre pays voisins : la Somalie, l’Érythrée, le Soudan et l’Égypte. Ces pays ont organisé un sommet dédié à la sécurité dans la Corne de l’Afrique pour coordonner leurs positions face à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Leurs critiques communes visent principalement les actions du gouvernement éthiopien, perçues comme une menace à la stabilité régionale. Par exemple, l’Éthiopie est accusée d’héberger un camp d’entraînement pour les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire soudanais, ce qui aggrave les tensions avec Khartoum. Ces quatre pays partagent des inquiétudes similaires, bien que leurs motivations puissent varier : l’Érythrée, par exemple, entretient une relation conflictuelle historique avec l’Éthiopie, tandis que l’Égypte craint les répercussions sur ses ressources en eau, liées au partage des eaux du Nil.

Ce que ça pourrait changer

La Corne de l’Afrique, région stratégique située entre l’Afrique de l’Est et la péninsule arabique, est un carrefour commercial et militaire majeur. Les tensions actuelles en Éthiopie s’inscrivent dans un contexte plus large de rivalités régionales et internationales. La **Mer Rouge**, par laquelle transite une partie importante du commerce mondial, est un enjeu clé pour les pays riverains. L’Éthiopie, pays enclavé, dépend fortement de ses voisins pour son accès à la mer, ce qui explique en partie les frictions avec l’Érythrée et la Somalie. Par ailleurs, la guerre au Tigré a des répercussions humanitaires majeures, avec des déplacements massifs de populations et des risques de famine. Enfin, la situation en Éthiopie pourrait influencer les équilibres géopolitiques en Afrique de l’Est, notamment en attirant l’attention de puissances extérieures comme les États-Unis, la Chine ou la Russie, qui y voient des opportunités ou des menaces stratégiques.

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