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Généraliste

Les indépendantistes albertains préparent déjà l’après-référendum

Le Devoir · mis à jour il y a 18 j

Le combat indépendantiste albertain est loin d’être terminé..

Référendum sur l'indépendance

Les Albertains doivent voter le 19 octobre 2026 sur l’organisation d’un référendum concernant l’indépendance de leur province. Un référendum est une consultation populaire où les citoyens expriment leur avis par un vote sur une question précise. Ici, il s’agit de savoir si l’Alberta, une province canadienne de l’Ouest, devrait devenir un État indépendant. Le processus électoral suscite des tensions, notamment parce que le chef des indépendantistes albertains, Mitch Sylvestre, remet en cause sa légitimité. Il critique notamment le fait que les électeurs n’ont pas besoin de prouver leur citoyenneté canadienne pour voter, ce qui, selon lui, ouvre la porte à des fraudes. Le vote par correspondance est particulièrement visé, avec 658 000 bulletins envoyés, soit environ 20 % des 3 millions d’électeurs inscrits. Élections Alberta, l’organisme responsable des élections en Alberta, affirme pourtant que les mêmes vérifications sont appliquées pour tous les types de vote, et que plus de 5 700 demandes de bulletins spéciaux ont été refusées pour des raisons d’inadmissibilité ou de doublons.

Doutes sur l'intégrité

Mitch Sylvestre, leader du mouvement indépendantiste albertain, conteste la légitimité du référendum, même avant le vote. Il argue que le processus est trop facile à manipuler, car il suffit de déclarer être citoyen canadien pour voter, sans preuve formelle. Il souligne que cette simplicité favorise potentiellement la fraude électorale, ce qui, selon lui, invalide la crédibilité du scrutin. Cette position est partagée par Alexandre Rivard, professeur adjoint de science politique à l’Université d’Athabasca, qui estime qu’une victoire du camp fédéraliste ne mettrait pas fin au débat sur l’indépendance. Les indépendantistes pourraient alors remettre en cause les résultats et contester l’intégrité du processus. Contrairement au Québec, où les camps souverainiste et fédéraliste sont portés par des partis politiques structurés, en Alberta, ces mouvements reposent davantage sur des groupes militants que sur des élus.

Rôle ambigu de Danielle Smith

Danielle Smith, première ministre albertaine et cheffe du Parti conservateur uni (UCP), se trouve dans une position délicate. Bien qu’elle ait inclus la question de la séparation au référendum et toléré la présence de députés indépendantistes au sein de son parti, elle a elle-même voté pour le maintien de l’Alberta dans le Canada et appelé les électeurs à faire de même. Cette ambiguïté risque de mécontenter une partie de sa base indépendantiste, au point où certains pourraient tenter de la renverser lors du prochain congrès de l’UCP, prévu fin novembre 2026. Pour déclencher un vote de confiance à son leadership, il faudrait l’appui d’au moins 22 des 87 associations de circonscription de l’UCP. À ce jour, une seule association, située dans le sud de l’Alberta, a officiellement demandé un tel vote. En 2022, l’ancien premier ministre Jason Kenney avait survécu à un vote de confiance avec 51,4 % des voix avant de démissionner, jugeant ce résultat insuffisant pour rester en poste.

Ce que ça pourrait changer

L’après-référendum pourrait voir l’émergence d’une véritable force politique indépendantiste en Alberta, selon Adrienne Davidson, professeure adjointe en science politique à l’Université McMaster. Actuellement, quelques petits partis républicains et souverainistes existent, mais aucun ne s’est imposé comme une force majeure. Un parti indépendantiste structuré pourrait changer la donne, à l’image du **Parti québécois**, qui a obtenu entre 28 % et 29 % des voix au Québec. Mitch Sylvestre, chef des indépendantistes albertains, espère mobiliser un soutien similaire en Alberta, estimant que le mouvement dispose d’un appui au moins équivalent. Il suggère que le mouvement pourrait s’appuyer sur des figures déjà présentes au sein de l’UCP, sans nécessairement créer un nouveau parti. Cependant, cette stratégie dépendra de la capacité des indépendantistes à s’unir et à gagner en visibilité politique.

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