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Près de 300 arrestations au Chili lors des manifestations anti-Pinochet

Le Devoir · mis à jour il y a 7 j

Des milliers de citoyens se sont mobilisés pour dénoncer la dictature militaire qui a fait plus de 3200 victimes..

Manifestations commémoratives

Le 11 septembre 2026, le Chili a connu d'importantes manifestations pour marquer le 53e anniversaire du coup d'État mené par le général Augusto Pinochet contre le président socialiste Salvador Allende en 1973. Ces rassemblements, organisés par des citoyens et non par les autorités, ont rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs villes du pays, notamment à Santiago. Les manifestants ont dénoncé la dictature militaire qui a duré 17 ans, de 1973 à 1990, et causé la mort ou la disparition de plus de 3 200 personnes. Pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1990, aucune cérémonie officielle n'a été organisée par le gouvernement chilien pour commémorer cet événement historique.

Bilan des arrestations

Lors de ces manifestations, les autorités chiliennes ont procédé à 284 arrestations, dont 31 concernaient des mineurs. Parmi les personnes interpellées figuraient également 16 étrangers. Ce chiffre représente une augmentation de 80 % par rapport aux arrestations lors des commémorations précédentes. Le ministre de la Sécurité publique, Martín Arrau, a précisé que 198 actes de violence ont été recensés, sans qu'aucun blessé ne soit à déplorer. Les forces de l'ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants, qui ont répondu en lançant des pierres et des bâtons.

Lieux symboliques

Les rassemblements ont eu lieu dans des lieux chargés d'histoire pour le Chili. Le cimetière général de Santiago, où se trouve le mausolée de la famille Allende, a accueilli des milliers de manifestants, dont Isabel Allende, fille du président Salvador Allende et ancienne sénatrice. D'autres rassemblements ont eu lieu devant le palais de La Moneda, siège du gouvernement chilien, où Salvador Allende s'est suicidé lors du coup d'État de 1973. Enfin, le Stade national de Santiago, transformé en centre de détention et de torture pendant la dictature, a également été un point de rassemblement. Ces lieux illustrent la mémoire des victimes et la résistance face à l'oppression.

Réactions politiques

Le président chilien José Antonio Kast, membre de la droite politique, a prononcé un discours le 11 septembre 2026 dans la région de Los Ríos. Il a déclaré que le pays ne pouvait ni effacer son histoire ni se laisser condamner par elle, soulignant la nécessité de regarder vers l'avenir. Cette position contraste avec l'absence de commémorations officielles, une décision qui a suscité des débats dans la société chilienne. Les manifestations, organisées par des citoyens et des associations de défense des droits humains, reflètent une volonté de ne pas oublier les crimes commis pendant la dictature et de maintenir une mémoire collective active.

Ce que ça pourrait changer

Le gouvernement chilien a réaffirmé sa détermination à maintenir l'ordre public. Le ministre de la Sécurité publique, Martín Arrau, a déclaré que les forces de l'ordre resteraient fermes face à la violence et protégeraient la tranquillité des familles chiliennes. Il a également souligné que les arrestations visaient à garantir la sécurité des citoyens et à prévenir les débordements. Cette approche s'inscrit dans une logique de gestion des manifestations, où l'équilibre entre liberté d'expression et maintien de l'ordre public est souvent un sujet de tension.

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