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Géopolitique

Mon 11 septembre depuis Brooklyn, par John Updike : “la même intimité factice que la télévision”

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

À New York, le grand écrivain américain a assisté en direct à l’effondrement de la tour sud du World Trade Center et pourtant, écrit-il, c’est comme si ce spectacle étrange était diffusé sur un écran. Dans ce beau texte publié par “The New Yorker” peu après le 11 septembre 2001, Updike raconte et s’interroge sur les conséquences d’un “ballet de cauchemar”..

Contexte historique

Le 11 septembre 2001, les tours jumelles du World Trade Center à New York s'effondrent après des attentats terroristes. Cet événement marque profondément l'histoire des États-Unis et du monde. L'écrivain américain John Updike, présent ce jour-là à Brooklyn, décrit cette scène dans un texte publié peu après dans The New Yorker. Il souligne comment cet événement, bien que vécu en direct, prend une dimension étrange, presque irréelle, comme s'il était observé à travers un écran de télévision. Updike, né en 1932 et décédé en 2009, était un auteur reconnu pour son style précis et ses réflexions sur la société américaine.

Témoignage visuel

Depuis son appartement situé au dixième étage d'un immeuble à Brooklyn Heights, Updike observe l'effondrement des tours jumelles à environ un kilomètre de distance. Il décrit une scène à la fois proche et lointaine : une petite fille de 4 ans et sa baby-sitter pointent du doigt la tour nord en feu, tandis que de la fumée et des débris s'élèvent dans le ciel. Updike note que le spectacle, bien que terrifiant, lui semble d'abord étrange plutôt qu'horrifiant, comme une scène de cinéma ou un dessin animé. Il évoque des « volutes de fumée » et des « coulées d'encre » dégoulinant le long des façades des tours, ce qui donne une impression de ballet ou de cauchemar.

Intimité factice

Updike utilise l'expression « intimité factice » pour décrire la façon dont les médias, notamment la télévision, transforment les événements dramatiques en spectacles. Selon lui, même en étant témoin direct d'un drame, on peut avoir l'impression de le vivre à travers un écran, comme si la distance physique ne suffisait pas à rendre l'événement réel. Cette idée reflète une critique de la médiatisation des catastrophes, qui peut donner l'illusion d'une proximité tout en atténuant l'horreur. Le terme « factice » souligne cette artificialité, comme si la réalité était filtrée ou transformée par le prisme des médias.

Réflexion sur la perception

L'auteur s'interroge sur la difficulté à appréhender un événement aussi monumental que l'effondrement des tours jumelles. Il explique que face à une catastrophe d'une telle ampleur, les individus ont tendance à la ramener à leur propre échelle, comme pour la rendre plus compréhensible. Updike évoque cette lutte intérieure entre l'ampleur du drame et la petitesse de l'expérience humaine. Il décrit comment, malgré la proximité physique, l'événement reste distant, presque abstrait, comme s'il était impossible de le saisir pleinement. Cette réflexion touche à la psychologie de la perception des catastrophes.

Critique architecturale

Updike mentionne brièvement son rapport aux tours jumelles du World Trade Center, qu'il ne portait pas dans son cœur. Il les décrit comme des bâtiments imposants mais vides sur le plan architectural, réduisant au rang de « naines » les gratte-ciel des années 1930, comme l'Empire State Building. Malgré cela, il reconnaît une certaine beauté à ces tours, notamment sous certains éclairages, où leur design pré-postmoderne (un mélange d'immensité et de vacuité) pouvait sembler fascinant. Cette critique architecturale montre que même dans un moment de crise, Updike ne peut s'empêcher d'observer les détails esthétiques.

Ce que ça pourrait changer

Le texte d'Updike, publié dans *The New Yorker*, est un exemple de **nouvelle littéraire** mêlant témoignage, réflexion et style littéraire. *The New Yorker* est un magazine américain fondé en 1925, connu pour ses reportages approfondis, ses analyses politiques et ses fictions. Il est souvent associé à un lectorat intellectuel et cultivé. Updike, qui a collaboré avec ce magazine, y applique son style précis et poétique, transformant une scène de tragédie en une méditation sur la perception humaine. Le texte illustre comment la littérature peut capturer l'essence d'un événement tout en offrant une distance critique.

Sujets complémentaires

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