France : mobilisation des lycéens, le gouvernement promet des professeurs remplaçants
Le ministre de l'Éducation a annoncé 3000 professeurs remplaçants dans plus de 500 lycées..
Le 8 octobre 2026, la France a connu une nouvelle journée de mobilisation des lycéens, avec 71 500 manifestants dans tout le pays, dont 24 500 à Paris. Ces rassemblements, initialement pacifiques, ont été marqués par des violences urbaines en marge des cortèges, entraînant 504 interpellations et 48 policiers ou gendarmes blessés. Les lycéens dénoncent des conditions d'apprentissage dégradées, la surpopulation dans les salles de classe, et le système d'admission à l'université Parcoursup, qu'ils jugent trop sélectif. Parmi leurs slogans, on retient Plus de masters, moins de poulets (où poulets désigne familièrement les policiers) et 35°C dans les classes, mais le problème, c'est le portable, reflétant leurs revendications pour des locaux mieux équipés et climatisés. Ces mobilisations s'inscrivent dans un mouvement plus large, débuté le 17 septembre 2026, qui a déjà perturbé plus de 700 établissements secondaires et conduit à environ 5 000 arrestations.
Face à cette crise, le ministre français de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé l'envoi imminent de 3 000 professeurs remplaçants dans 514 lycées jugés prioritaires, dont 114 classés en situation rouge (très critique) et 400 en situation orange (problématique). Ces enseignants, actuellement sans affectation, viendront combler les absences prolongées, souvent liées aux grèves ou aux violences. Par ailleurs, 100 000 heures supplémentaires seront mises à disposition des proviseurs pour organiser des remplacements ponctuels, grâce à des volontaires. Le gouvernement a également lancé une plateforme en ligne le 6 octobre 2026, permettant aux lycéens d'exprimer leurs revendications, dont certaines pourraient être intégrées au budget 2027 via des amendements. Le premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé cette démarche sur le réseau social X (ex-Twitter).
Les manifestations ont donné lieu à des scènes de tension, notamment à Paris où des milliers de personnes ont été évacuées de la place de la Bastille en début de soirée, avec l'usage de gaz lacrymogènes. Des groupes de black blocs (manifestants masqués et organisés, souvent radicaux) ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des canons à eau. À Marseille, des incidents similaires ont été signalés. Le ministère de l'Intérieur a souligné une augmentation des violences urbaines par rapport aux jours précédents, ciblant particulièrement les établissements scolaires et leurs enseignants. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a réaffirmé l'objectif de rétablir l'ordre, le calme et le dialogue, tout en garantissant la sécurité des élèves pour leur retour en classe.
Les lycéens réclament notamment la suppression de la sélection via Parcoursup (un système d'admission post-bac en France), la rénovation des bâtiments scolaires et un meilleur encadrement des effectifs. Leur porte-parole, Sabrine Kharbach de l'Union étudiante, a menacé de nouvelles mobilisations tant que 10 milliards d'euros ne seraient pas alloués à ces mesures. Les associations lycéennes, reçues par Édouard Geffray le 8 octobre, sont sorties de l'entretien avec des sentiments partagés. Du côté politique, le leader de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a salué la mobilisation en déclarant La Bastille est reprise, en référence symbolique à la Révolution française. Une nouvelle journée de protestation est prévue pour le 13 octobre 2026 si les revendications ne sont pas satisfaites.
Depuis le début du mouvement le 17 septembre 2026, plus de 700 lycées ont été perturbés en France, avec des dégâts matériels dans certains établissements, comme à Bordeaux où un lycée a été partiellement saccagé. Les manifestations de moindre ampleur du 8 octobre, comparées à celles du 7 octobre (266 000 à 450 000 participants), montrent une mobilisation qui s'essouffle légèrement, bien que des rassemblements non déclarés persistent dans certaines villes comme Marseille. Le gouvernement mise sur le dialogue et des mesures concrètes pour apaiser les tensions, mais les lycéens restent déterminés à faire entendre leurs revendications, malgré les risques de répression policière et les critiques sur l'usage de grenades assourdissantes, dont l'utilisation a été suspendue temporairement.

