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Un champignon pas comme les autres : présent dans votre intestin, il vous protège des radiations

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 j

Une moisissure intestinale capable d'armer notre organisme contre la radiothérapie ou l'espace : c'est la surprenante découverte d'une équipe de chercheurs chinois..

Un champignon méconnu

Nos intestins abritent un écosystème complexe appelé microbiote intestinal, composé de dizaines de milliers de milliards de bactéries essentielles au bon fonctionnement de l’organisme. Moins connu mais tout aussi important, le mycobiome intestinal regroupe des centaines d’espèces de champignons et de levures qui vivent en symbiose avec ces bactéries. Parmi elles, Mucor racemosus, une moisissure commune, vient d’être identifiée comme ayant un rôle inattendu : protéger l’intestin des rayonnements ionisants. Ces rayonnements, présents lors de séances de radiothérapie, d’accidents nucléaires ou d’expositions spatiales, endommagent l’ADN des cellules intestinales en brisant leurs brins. Les chercheurs de l’Institut de médecine des radiations de l’Académie chinoise des sciences médicales (Tianjin) ont publié cette découverte le 25 août 2026 dans la revue scientifique PNAS.

Mécanisme de protection

Mucor racemosus agit en produisant trois acides aminés (L-glutamate, L-aspartate et DL-lysine) lors de son métabolisme. Ces molécules sont absorbées par les cellules intestinales et stimulent la réparation de l’ADN endommagé par les radiations. Parallèlement, il synthétise une molécule appelée méthylthioadénosine, qui active une bactérie intestinale, Limosilactobacillus reuteri. Cette dernière sécrète alors davantage de méthionine, un autre acide aminé aux propriétés radioprotectrices. Ce phénomène, appelé synergie métabolique inter-espèces ou syntrophie, montre comment un champignon peut modifier le comportement d’autres micro-organismes pour renforcer la protection contre les radiations. Les chercheurs ont confirmé ce mécanisme en inoculant Mucor racemosus à des souris avant de les exposer à des radiations, réduisant significativement les dommages intestinaux.

Preuves expérimentales

Pour valider leur hypothèse, les chercheurs ont mené des expériences sur des souris. Celles ayant reçu Mucor racemosus avant une exposition aux radiations présentaient des niveaux d’inflammation intestinale, de stress oxydatif et de perte de masse corporelle bien inférieurs à ceux des souris non inoculées. Une deuxième série de tests a été réalisée sur des souris axéniques (sans microbiote préexistant), confirmant que l’effet protecteur du champignon ne dépend pas des autres micro-organismes intestinaux. Les chercheurs ont également nourri des souris avec un fromage affiné à l’aide de Mucor racemosus, obtenant des résultats similaires. Cette moisissure est couramment utilisée dans l’affinage de fromages comme la tome de Savoie ou le Saint-Nectaire, où elle forme le « poil de chat ».

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte ouvre des perspectives pour des applications en **radiothérapie**, notamment pour protéger les patients des effets secondaires des traitements contre le cancer. Cependant, l’utilisation directe de *Mucor racemosus* chez l’humain pourrait poser un risque : chez les patients immunodéprimés, comme ceux sous chimiothérapie, ce champignon pourrait provoquer une **mucormycose**, une infection fongique potentiellement grave. Les chercheurs envisagent donc d’extraire les molécules actives du champignon pour les utiliser en oncologie, évitant ainsi les risques d’infection. Cette approche permettrait de combiner les bénéfices radioprotecteurs avec une sécurité accrue pour les patients.

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