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Géopolitique

Les Houthis ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb

Le Grand Continent · mis à jour il y a 9 j

La voie maritime est la principale alternative au détroit d’Ormuz L’article Les Houthis ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Offensive houthiste

Dans la soirée du mercredi 9 septembre 2026, les Houthis, un groupe armé yéménite, ont lancé une offensive majeure dans le sud du Yémen, ciblant spécifiquement la région autour du détroit de Bab el-Mandeb. Ce détroit, situé entre le Yémen et Djibouti, est un passage stratégique pour le commerce maritime mondial, notamment pour le transport du pétrole. Les Houthis ont pris le contrôle de la ville portuaire de Mocha, située à l'entrée du détroit, ainsi que de plusieurs îles comme Périm, Zuqar et Hanish. Ces îles jouent un rôle clé dans le contrôle du trafic maritime, car Périm divise le détroit en deux parties. Si les Houthis parviennent à consolider leur position, ils pourraient influencer significativement le commerce international passant par cette route maritime essentielle.

Embargo sur le pétrole

Le 20 juillet 2026, les Houthis ont annoncé un embargo sur tous les ports et navires saoudiens traversant le détroit de Bab el-Mandeb. Depuis cette date, au moins huit pétroliers saoudiens ont été attaqués par les Houthis. Cet embargo et ces attaques menacent directement les exportations de pétrole de l'Arabie saoudite, un pays dont l'économie dépend fortement des revenus pétroliers. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane (souvent appelé MBS), a demandé le 10 septembre 2026 à l'ancien président américain Donald Trump de lancer des frappes militaires contre les Houthis pour les contraindre à reculer. Cependant, Washington a refusé cette intervention directe pour le moment.

Impact économique

Le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis a des répercussions économiques majeures. Le prix du baril de pétrole Brent a dépassé les 108 dollars le 11 septembre 2026, en partie à cause des tensions dans la région. La production pétrolière saoudienne a chuté à 6 millions de barils par jour en août 2026, contre 10 millions avant le début de la guerre au Yémen, soit son niveau le plus bas depuis plus de 30 ans. Par ailleurs, des images satellites prises le 10 septembre montrent des fumées près de l'oléoduc Est-Ouest, un pipeline saoudien qui permet d'exporter du pétrole sans passer par le détroit d'Ormuz. L'état de cet oléoduc n'a pas été confirmé par l'Arabie saoudite à ce stade.

Réactions internationales

Face au refus des États-Unis d'intervenir militairement contre les Houthis, l'Arabie saoudite cherche des alliés pour protéger ses intérêts. Le royaume a signé en août 2026 des accords de défense conjointe avec le Pakistan et la Turquie. Le ministre pakistanais de la Défense a indiqué le 9 septembre que Riyad pourrait activer la clause de défense mutuelle de ces accords. De son côté, la Turquie a déjà condamné les frappes houthistes contre l'Arabie saoudite le 8 septembre 2026. Ces démarches montrent une tentative de Riyad de renforcer sa sécurité face à la menace houthiste sans dépendre uniquement de Washington.

Ce que ça pourrait changer

Bien que leurs objectifs ne coïncident pas toujours, le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les Houthis pourrait renforcer l'influence de l'Iran dans la région. Téhéran entretient des liens étroits avec les Houthis, qui sont soutenus par l'Iran dans le cadre du conflit yéménite. Une telle situation géopolitique pourrait modifier l'équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, en donnant à l'Iran un levier supplémentaire sur le commerce maritime et les pays voisins, notamment l'Arabie saoudite. Cependant, les Houthis ont affirmé le 11 septembre 2026 qu'ils ne comptaient pas perturber la liberté de navigation dans la mer Rouge ou le détroit de Bab el-Mandeb.

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