Mobilisation pour que l’enseignante Imane Benchouk reste au Québec
L'histoire de cette prof vue dans un segment sur l’immigration au débat des chefs a fait le tour du Québec..
Imane Benchouk, une enseignante de mathématiques à l'école secondaire Saint-Edmond de Longueuil, fait face à une situation administrative complexe depuis plusieurs mois. Arrivée au Québec en février 2026 dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), elle attend toujours son certificat de sélection du Québec (CSQ), un document essentiel pour obtenir la résidence permanente. Ce certificat lui permettrait de régulariser son statut et celui de sa famille. Or, après plus de sept mois d'attente, Imane Benchouk n'a toujours pas reçu ce document et son permis de travail a expiré le 23 septembre 2026. Actuellement, elle bénéficie d'un statut implicite accordé temporairement par le gouvernement fédéral, ce qui lui permet de continuer à travailler. Cependant, ce sursis pourrait prendre fin à tout moment, la contraignant à quitter le Québec et à cesser son activité professionnelle.
Face à cette situation, une mobilisation spontanée s'est organisée au sein de la communauté scolaire de l'école Saint-Edmond. Des collègues, des élèves et des parents d'élèves ont lancé une pétition en ligne pour demander au nouveau premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, d'intervenir et de régulariser le statut d'Imane Benchouk. En moins de cinq jours, cette pétition a recueilli plus de 1 000 signatures, puis près de 1 200. Les signataires soulignent le dévouement de l'enseignante et son importance pour l'établissement, notamment dans un contexte de rareté des enseignants au Québec. Sébastien Richard, un collègue enseignant, a initié cette pétition, estimant que sa collègue est une professionnelle compétente et que sa situation est injuste. De son côté, Catherine-Ève Roy, présidente du conseil d'établissement et mère de quatre enfants, a également apporté son soutien, insistant sur les répercussions négatives que son départ pourrait avoir sur les 86 élèves de l'enseignante.
L'incertitude entourant le statut d'Imane Benchouk a des conséquences directes sur ses élèves et leur apprentissage. Selon Catherine-Ève Roy, la présidente du conseil d'établissement, les 86 élèves de l'enseignante ont le droit de recevoir des services éducatifs conformément à la Loi sur l'instruction publique. Leur réussite scolaire pourrait être affectée si leur professeure devait quitter l'école. Imane Benchouk elle-même a exprimé son attachement à ses élèves, soulignant dans un message personnalisé adressé à chacun d'eux à la fin de l'année scolaire précédente son engagement et sa passion pour son métier. Les parents d'élèves, comme Léonie, ont également témoigné de leur soutien, décrivant l'enseignante comme une personne merveilleuse et indispensable à l'école.
Imane Benchouk a exprimé son émotion face à la solidarité de sa communauté, déclarant que cette mobilisation lui donne la force de continuer à travailler avec passion. Elle a également participé à un débat des chefs à la radio, où elle a pu aborder la question des personnes vivant avec un statut d'immigration incertain. Malgré ce soutien, elle et sa famille vivent une grande incertitude quant à leur avenir au Québec. Le nombre de demandes de CSQ en attente est en hausse, et les délais de traitement sont particulièrement longs, ce qui ne facilite pas sa situation. À ce jour, l'équipe de communication du premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, n'a pas encore répondu aux demandes de commentaires concernant cette affaire.
Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de l'immigration au Québec. Le gouvernement québécois, dirigé par le premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon, devra bientôt prendre des décisions concernant les milliers de personnes en attente de leur CSQ, comme Imane Benchouk. Par ailleurs, le Québec fait face à une *rareté des enseignants*, un phénomène qui rend encore plus critique la présence de professionnels qualifiés comme elle dans le système scolaire. Les délais de traitement des demandes de CSQ, qui sont actuellement très longs, aggravent la précarité des personnes concernées, dont les vies professionnelles et familiales sont suspendues à une décision administrative.

