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Environnement

La France réautorise le triallate, un pesticide interdit en raison d’un «risque inacceptable» pour l’eau

Vert.eco · mis à jour 29 sept.

Depuis le 23 septembre, le ministère de l’agriculture autorise cet herbicide par une dérogation de 120 jours pour les cultures d’orge d’hiver. Tous les produits à base de triallate ont pourtant été retirés du marché en 2023.

Pesticide interdit réautorisé

Le ministère de l’agriculture français a accordé une dérogation de 120 jours, à partir du 23 septembre 2026, pour utiliser l’herbicide Avadex Factor dans les cultures d’orge d’hiver. Ce produit contient du triallate, une substance interdite en France depuis 2023 en raison d’un «risque inacceptable» pour les eaux souterraines. L’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, avait identifié en 2023 que le triallate pouvait contaminer les eaux potables via son produit de dégradation, le diisopropylamine, dépassant les seuils réglementaires. Ce pesticide est également très toxique pour les organismes aquatiques et suspecté d’endommager l’ADN humain (génotoxicité).

Raisons de la dérogation

Le ministère justifie cette réautorisation par une «nécessité absolue» pour la culture d’orge, menacée selon l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB). Cette dernière, proche du syndicat agricole majoritaire FNSEA, affirme ne pas disposer de solutions alternatives pour lutter contre les graminées adventices, appelées communément «mauvaises herbes». La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, avait elle-même encouragé les céréaliers à demander cette dérogation lors d’un congrès en mai 2026. La dérogation impose des restrictions : épandage interdit près des points d’eau et zone tampon de 20 mètres, ainsi que l’exclusion des périmètres de protection des captages d’eau potable.

Risques et controverses

L’Anses et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avaient pourtant conclu que les risques liés au triallate étaient «inacceptables», notamment pour les insectes non cibles et les consommateurs. Pauline Cervan, toxicologue à l’association Générations futures, critique cette dérogation, estimant qu’elle contourne les avis scientifiques. L’association annonce un recours en justice pour annuler cette autorisation, s’ajoutant à d’autres actions similaires contre des dérogations de pesticides interdits, comme le spirotétramate au printemps 2026. Le triallate reste utilisé dans quelques pays européens, mais son interdiction en France était totale depuis 2023.

Ce que ça pourrait changer

La dérogation de 120 jours s’appuie sur la réglementation européenne sur les pesticides, qui permet son usage en cas de «danger ne pouvant être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables». L’**Avadex Factor**, commercialisé par l’entreprise étatsunienne **Gowan**, est le seul produit à base de triallate encore disponible en France. L’AGPB, à l’origine de la demande, est un organisme professionnel lié au syndicat agricole FNSEA. L’Anses, garante de la sécurité sanitaire, avait retiré tous les produits à base de triallate du marché en 2023 après une évaluation approfondie. Le ministère de l’agriculture et la **DGAL** (Direction générale de l’alimentation) ont examiné et validé cette dérogation.

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