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Riyad vit au ralenti face aux attaques houthies et déplore la mort de deux pilotes

Le Devoir · mis à jour il y a 18 j

Le quotidien en Arabie saoudite est bousculé par les frappes répétées des Houthis contre le royaume..

Conflit yéménite ravivé

Depuis l'été 2024, le conflit au Yémen entre le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite et les Houthis, un mouvement armé pro-iranien, a connu une escalade majeure après plusieurs années de relative accalmie. En juillet 2024, les hostilités ont repris avec une intensité inédite, notamment après la prise par les Houthis d'une partie du littoral yéménite bordant la mer Rouge. Ces derniers ont multiplié les attaques contre l'Arabie saoudite, ciblant particulièrement ses infrastructures pétrolières et ses aéroports. Le 10 octobre 2024, une frappe sur l'aéroport de Riyad a causé 13 morts et des centaines de blessés, entraînant la fermeture indéfinie de l'aéroport. Cette reprise des combats marque un tournant dans un conflit qui dure depuis 2014, avec des répercussions régionales et internationales.

Impact sur la vie quotidienne

Les attaques répétées des Houthis perturbent profondément la vie en Arabie saoudite, notamment à Riyad, sa capitale. Les écoles ont prolongé les cours en ligne pour éviter les déplacements, tandis que des entreprises comme le Kingdom Centre, une tour de 99 étages abritant des bureaux dont celui du Fonds monétaire international (FMI), ont imposé le télétravail à leurs employés. L'aéroport de Riyad reste fermé depuis le 10 octobre, sans date de réouverture annoncée. Ces mesures reflètent une adaptation à un contexte de tensions persistantes, où les alertes aériennes sont quotidiennes dans le sud du pays et autour de Riyad. La saison des grands événements, qui débute généralement en octobre avec la fin des chaleurs estivales, est particulièrement touchée, car elle attire habituellement des dirigeants et des investisseurs internationaux.

Bilan humain et militaire

L'Arabie saoudite a déploré la mort de deux pilotes après le crash d'un hélicoptère de reconnaissance AH-6i de la garde nationale saoudienne dans la région de Najran, attribué à une défaillance technique. Les Houthis ont revendiqué l'abattage d'un hélicoptère Apache saoudien dans la même zone, bien que Riyad n'ait pas confirmé cette information. Ces incidents marquent les premiers décès de militaires saoudiens depuis la reprise des hostilités en juillet 2024. Par ailleurs, les combats au Yémen se poursuivent, avec 12 morts, dont trois enfants, et des dizaines de blessés signalés depuis le vendredi précédent. Les Houthis accusent l'armée saoudienne d'utiliser des bombes à sous-munitions, interdites par le droit international, une allégation que Riyad n'a pas commentée directement.

Réactions régionales et internationales

Face à cette escalade, l'Arabie saoudite cherche un soutien international, notamment auprès des États-Unis, mais ses appels sont pour l'instant restés sans réponse concrète. L'Égypte, un allié traditionnel de Riyad, s'est dite prête à apporter une assistance militaire, bien qu'elle affirme ne pas vouloir s'engager dans un conflit régional. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a souligné que l'Égypte ne pouvait rester indifférente si la sécurité de l'Arabie saoudite était menacée, précisant que cette aide se limiterait à des mesures de défense. Cependant, les Houthis ont mis en garde l'Égypte contre une intervention, la qualifiant de risque pour sa propre sécurité nationale. L'Égypte n'a pas rejoint le pacte de défense de La Mecque, signé en août 2024 entre l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, mais reste un soutien économique important pour Riyad.

Ce que ça pourrait changer

Les attaques récentes ont révélé des lacunes dans le système de défense de l'Arabie saoudite, malgré des investissements massifs dans des équipements militaires de pointe. Le royaume, qui dépense des milliards de dollars chaque année pour moderniser son armée, peine à intercepter tous les drones et missiles lancés par les Houthis. Les experts soulignent que ces failles pourraient s'expliquer par des stratégies de défense inadaptées ou des limites technologiques. Parallèlement, l'Iran, accusé par Riyad et le Yémen d'encourager l'escalade, a nié toute implication et proposé une médiation, une offre rejetée par les autorités saoudiennes. Cette situation met en lumière les défis sécuritaires auxquels l'Arabie saoudite est confrontée, dans un contexte régional déjà très tendu.

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