En renforçant son contrôle sur les médias, Téhéran “transforme l’Iran en Corée du Nord”
Arguant du contexte de guerre, les autorités iraniennes ont multiplié ces dernières semaines les mesures restreignant davantage encore le débat public et la liberté des journalistes. Une offensive qui renforce la télévision d’État, dominée par une frange radicale hostile aux négociations avec les États-Unis..
En août 2026, l'Iran traverse une période marquée par une guerre avec les États-Unis et Israël, ce qui sert de justification aux autorités iraniennes pour renforcer leur emprise sur les médias. Le régime de Téhéran, dirigé par une frange radicale hostile aux négociations avec Washington, multiplie les mesures restrictives. Ces actions s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à contrôler l'information et à marginaliser les voix dissidentes. Le pouvoir iranien justifie ces restrictions par la nécessité de protéger la sécurité nationale, un argument souvent utilisé dans les régimes autoritaires pour justifier la censure. Cette approche s'accompagne d'une centralisation croissante des médias sous l'égide de l'État, notamment de la télévision publique, qui devient le principal canal de diffusion de la propagande officielle.
Plusieurs initiatives récentes illustrent cette volonté de contrôle accru. Le Parlement iranien a proposé une loi contre l'« influence étrangère », une notion vague qui permet de sanctionner toute critique du régime ou toute collaboration avec des médias internationaux. Parallèlement, une émission en ligne populaire a été arrêtée, privant le public d'une source d'information alternative. La télévision d'État, déjà sous l'influence des conservateurs, a vu son rôle renforcé, devenant le seul relais médiatique autorisé à diffuser des informations fiables selon le pouvoir. Ces mesures s'ajoutent à une crise économique et sociale qui a déjà poussé plus de cent journalistes au chômage, selon l'Association des journalistes de Téhéran. Les professionnels des médias sont désormais contraints de se plier à une approche sécuritaire, c'est-à-dire de relayer exclusivement les récits officiels sous peine de sanctions.
Les journalistes iraniens se retrouvent dans une situation délicate : ils sont perçus par les autorités comme une menace pour la stabilité du pays depuis le début du conflit. Mehrdad Khadir, journaliste pour le média modéré Asr-e Iran, décrit une pression constante pour transformer leur travail en simple propagande. Les médias indépendants, s'ils tentent de résister, subissent des pressions économiques et administratives. Certains finissent par céder et reproduisent les discours officiels pour survivre. Le public, quant à lui, est pris en étau entre les médias d'État, qui diffusent une version unique et contrôlée de la réalité, et les rares médias d'opposition, souvent marginalisés ou censurés. Cette situation crée un paysage médiatique très déséquilibré, où l'information indépendante devient quasi inexistante.
L'article établit un parallèle entre la situation actuelle en Iran et celle de la Corée du Nord, un pays souvent cité comme exemple de régime totalitaire. En Iran, comme en Corée du Nord, le pouvoir cherche à contrôler intégralement l'information pour éviter toute contestation. La télévision d'État joue un rôle central, diffusant une narration unique et glorifiant le régime, tandis que les médias étrangers ou indépendants sont systématiquement censurés ou interdits. Cette stratégie vise à isoler la population des influences extérieures et à empêcher toute remise en question du pouvoir. En Iran, cette tendance s'accentue depuis le début de la guerre, avec une radicalisation accrue des mesures de contrôle, ce qui renforce l'analogie avec le modèle nord-coréen.
Les principaux acteurs de cette dynamique sont les autorités iraniennes, notamment le Parlement et les institutions médiatiques d'État, qui appliquent les directives du régime. Les journalistes, comme Mehrdad Khadir, représentent une minorité qui tente de préserver une certaine indépendance, mais ils sont de plus en plus marginalisés. Le public iranien, confronté à une information uniformisée et à une crise économique, se trouve dans une position de vulnérabilité. Les enjeux sont doubles : d'une part, la survie des médias indépendants, et d'autre part, la liberté d'expression, qui se réduit comme une peau de chagrin. Cette situation reflète une tendance plus large dans les régimes autoritaires, où le contrôle des médias est un outil essentiel pour maintenir le pouvoir.

