Les Canadiens resserrent leur budget pour les Fêtes
Les consommateurs prévoient de débourser en moyenne 1487 $, soit 11 % de moins que l’an dernier..
Les Canadiens prévoient de dépenser en moyenne 1487 dollars pour les Fêtes en 2025, soit 11 % de moins que l’année précédente. Cette réduction s’inscrit dans une tendance de baisse pour la deuxième année consécutive, après un record en 2024. Plusieurs facteurs expliquent cette prudence : l’augmentation générale du coût de la vie, la hausse des prix de l’essence et les incertitudes liées à la situation géopolitique, notamment la guerre commerciale entre Ottawa et Washington. Les consommateurs adoptent des stratégies pour optimiser leurs dépenses, comme privilégier les aubaines ou réduire le nombre de cadeaux. Cette tendance varie selon les générations et les situations familiales, avec des baisses plus marquées chez les générations X (21 %) et les baby-boomers (18 %), tandis que la génération Z est la seule à prévoir une hausse de 8 % de son budget.
Les dépenses liées aux voyages, comme les séjours au soleil ou les week-ends de ski, subissent la plus forte baisse avec une réduction de 14 % par rapport à 2024. Cette diminution s’explique en partie par la hausse des coûts du transport, notamment celle du prix de l’essence et du kérosène, dans un contexte de tensions géopolitiques. Par exemple, la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz en février 2025 ont contribué à cette inflation des coûts. Les familles avec enfants prévoient de dépenser près de deux fois plus que les ménages sans enfant, en raison des cadeaux et des déplacements pour les fêtes. Les millénariaux, qui ont des dépenses familiales élevées, réduisent leurs budgets de 6 %, mais restent plus dépensiers que les autres générations.
Le Québec fait figure d’exception au Canada : les Québécois prévoient de maintenir leur budget des Fêtes à 1497 dollars en 2025, contre 1532 dollars en 2024, soit une baisse de seulement 2 %. Plusieurs facteurs expliquent cette stabilité. D’abord, la hausse des coûts de l’énergie y a été moins marquée qu’ailleurs au pays. Ensuite, le Québec bénéficie d’un taux d’emploi élevé et d’une économie diversifiée, ce qui renforce la résilience des ménages. Enfin, le budget des Québécois est traditionnellement inférieur à celui des autres provinces, ce qui suggère une forme de rattrapage. Sébastien Doyon, associé chez PwC Canada, souligne que ces éléments ont permis aux ménages québécois de mieux absorber les pressions économiques.
Face à la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, 72 % des Canadiens déclarent vouloir privilégier des cadeaux fabriqués en dehors des États-Unis pour les Fêtes. Parmi eux, 54 % choisiraient systématiquement un produit fabriqué au Canada plutôt qu’un produit américain, même si ce dernier est moins cher. Cette préférence pour le local était de 49 % en 2024. Cependant, cette tendance a ses limites : les consommateurs restent sensibles au prix, et leur budget n’est pas extensible. Sébastien Doyon, de PwC Canada, précise que le patriotisme économique a un coût, et que les Canadiens doivent faire des compromis. Le sondage ayant été réalisé au début de l’été 2025, avant une nouvelle escalade des tarifs douaniers, les intentions d’achat local pourraient être encore plus marquées.
L’intelligence artificielle (**IA**) s’invite de plus en plus dans les habitudes d’achat des Canadiens. Selon l’enquête de **PwC Canada**, **28 % des répondants** prévoient d’utiliser l’IA pour comparer les prix, évaluer les produits ou trouver des idées de cadeaux, contre **17 %** en 2024. Cette tendance est particulièrement marquée chez les jeunes générations, bien que **59 % des membres de la génération Z et des millénariaux** déclarent ne pas vouloir recourir à cette technologie. Malgré cela, **74 % des Canadiens** continuent de privilégier les achats en magasin physique, montrant que l’IA reste un outil complémentaire plutôt qu’un substitut aux méthodes traditionnelles.

