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La Banque européenne d’investissement envisage de financer des projets au Canada

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 h

L'Union européenne souhaite investir dans les secteurs des minéraux critiques et des nouvelles technologies..

Banque européenne d'investissement

La Banque européenne d’investissement (BEI) est la banque publique de l’Union européenne (UE). Elle a pour mission de financer des projets qui contribuent à la croissance économique, à l’innovation et au développement durable dans les pays membres de l’UE et, désormais, potentiellement au Canada. Lors d’une visite au Canada le 20 septembre 2026, sa présidente, Nadia Calviño, a annoncé que la BEI envisageait de financer des projets canadiens, notamment dans les secteurs des minéraux critiques, des nouvelles technologies et des énergies vertes. Cette initiative marque un tournant dans la coopération entre l’UE et le Canada, deux partenaires partageant des valeurs communes et une langue, l’anglais. La BEI n’a pas été très active au Canada par le passé, mais cette collaboration pourrait s’intensifier pour répondre aux enjeux géopolitiques et économiques actuels.

Minéraux critiques et énergies vertes

Les minéraux critiques sont des ressources naturelles essentielles à la fabrication de technologies modernes, comme les batteries pour véhicules électriques, les éoliennes ou les panneaux solaires. Ils incluent des métaux comme le lithium, le cobalt ou les terres rares, souvent difficiles à extraire et à remplacer. L’UE cherche à sécuriser son approvisionnement en ces minéraux pour réduire sa dépendance à la Chine, qui domine actuellement ce marché. Lors de sa visite, Nadia Calviño a souligné que les projets canadiens dans ce domaine, ainsi que ceux liés aux énergies vertes (énergie solaire, éolienne, hydrogène, etc.), seraient prioritaires pour les financements de la BEI. Ces secteurs sont stratégiques pour la transition écologique et la souveraineté industrielle des deux partenaires.

Partenariat Canada-UE

L’Union européenne et le Canada ont annoncé leur intention de renforcer leur coopération économique et politique. Le 18 septembre 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé que le Canada devienne le premier « membre associé » de l’UE. Cette notion signifie que le Canada pourrait participer à certains programmes ou décisions de l’UE sans en être un membre à part entière, comme le font la Norvège ou la Suisse. Le premier ministre canadien Mark Carney a réagi en s’engageant à renforcer les liens avec l’Europe lors d’un discours devant le Parlement européen. Ce rapprochement vise à renforcer la souveraineté des deux parties face aux tensions géopolitiques actuelles, notamment avec les États-Unis et la Chine.

Souveraineté et géopolitique

La souveraineté désigne l’autonomie d’un État à décider de ses politiques sans dépendre d’autres pays. Jonathan Wilkinson, ambassadeur du Canada auprès de l’UE, a expliqué que ce partenariat s’inscrivait dans une volonté de réduire la dépendance du Canada et de l’UE vis-à-vis des superpuissances comme les États-Unis ou la Chine. Il a précisé que cette démarche n’était pas dirigée contre ces pays, mais visait à protéger les intérêts nationaux. Rihards Kols, député européen letton, a qualifié cette alliance de « nécessité géopolitique » pour défendre les démocraties libérales face à ce qu’il appelle l’axe du mal (Chine, Russie, Iran, Cuba). Il a comparé les menaces de l’administration Trump envers l’UE et le Canada à celles de la Russie envers l’Ukraine, soulignant un risque de déstabilisation.

Ce que ça pourrait changer

Donald Trump, président des États-Unis, a critiqué cette alliance en déclarant que si l’UE et le Canada s’alliaient, il considérerait cela comme un *« acte hostile »* et imposerait des *droits de douane très lourds* ou cesserait tout commerce avec l’Europe. Malgré cette menace, les responsables européens et canadiens ont réaffirmé leur droit à choisir leurs partenaires. Jonathan Wilkinson a indiqué que davantage de détails seraient communiqués lors du *Sommet UE-Canada*, prévu à Montréal les 29 et 30 octobre 2026. Ce sommet permettra de préciser l’ampleur et les modalités de ce nouveau partenariat, notamment en matière d’investissements et de coopération industrielle.

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