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La Lune est en train de rétrécir et de se refroidir : ce phénomène va-t-il impacter la Terre ?

Presse-Citron · mis à jour il y a 16 j

Notre satellite naturel est criblé de milliers de failles visibles à sa surface : la Lune, d'année en année, se contracte et perd sa chaleur interne. Devons-nous nous en inquiéter ?.

La Lune rétrécit

La Lune, notre satellite naturel, est en train de perdre progressivement son volume au fil du temps. Ce phénomène s'explique par son refroidissement interne, qui entraîne une contraction de sa croûte rigide. Depuis environ 4,5 milliards d'années, son cœur se refroidit et se densifie, provoquant des fissures à sa surface. Ces failles, parfois hautes de plusieurs dizaines de mètres et longues de plusieurs kilomètres, sont visibles grâce aux images capturées par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) de la NASA depuis 2010. Une étude récente, publiée le 14 octobre 2026 dans la revue The Planetary Science Journal, estime que le rayon lunaire a diminué d'environ 45 mètres au cours des 400 à 800 derniers millions d'années, soit un rythme de 6 à 11 centimètres par million d'années. Ce processus est comparable à celui d'une pomme qui se ride en séchant.

Origine du phénomène

La contraction de la Lune est directement liée à son âge et à son évolution géologique. Formée il y a environ 4,5 milliards d'années, elle était à l'origine une boule de magma en fusion. Avec le temps, sa chaleur interne s'est dissipée, et son cœur s'est refroidi, devenant plus dense. Comme la croûte lunaire est rigide, elle ne peut pas se contracter uniformément. Elle se brise alors, formant des failles et des falaises. Ces mouvements de terrain sont appelés séismes lunaires et peuvent être comparés aux tremblements de terre terrestres, bien que leur origine soit différente. La sonde LRO, en orbite autour de la Lune depuis 17 ans, a permis d'analyser plus de 10 000 de ces jeunes failles, révélant l'ampleur de ce phénomène.

Impact sur la Terre

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la contraction de la Lune n'aura aucun impact direct sur la Terre. En effet, la force gravitationnelle qu'exerce la Lune sur notre planète dépend uniquement de sa masse et de la distance qui les sépare, et non de son volume. Même si la Lune rétrécissait jusqu'à la taille d'une balle de tennis, tant que sa masse et sa distance avec la Terre restent inchangées, les marées océaniques ne seraient pas affectées. La Lune continuera donc à influencer les cycles des marées comme elle le fait depuis des milliards d'années. Ce phénomène n'a donc aucune conséquence observable sur notre quotidien.

Enjeux pour l'exploration

Si la contraction de la Lune ne menace pas la Terre, elle pose en revanche des défis majeurs pour les missions spatiales futures, notamment pour le programme Artemis de la NASA. Ce programme vise à établir une présence humaine durable sur la Lune, avec la construction d'une base lunaire permanente. Cependant, les failles actives et les séismes lunaires qu'elles génèrent pourraient endommager les infrastructures au sol. Une étude précédente, publiée en janvier 2024, avait déjà révélé que certaines zones envisagées pour l'atterrissage d'Artemis III au pôle sud lunaire étaient proches de jeunes failles. De plus, le plus puissant séisme lunaire jamais enregistré par les sismomètres Apollo avait son épicentre dans cette même région. La NASA et ses partenaires devront donc intégrer ces risques géologiques dans leurs plans pour éviter tout danger pour les astronautes et les équipements.

Ce que ça pourrait changer

L'étude récente sur la contraction de la Lune a été menée par Thomas Watters, géologue et chercheur émérite au *Smithsonian National Air and Space Museum*, en collaboration avec trois collègues. Leurs travaux, publiés dans *The Planetary Science Journal*, marquent une avancée significative dans la compréhension de l'évolution géologique de la Lune. En analysant les données de la caméra *Lunar Reconnaissance Orbiter Camera* (LROC), embarquée sur la sonde LRO, l'équipe a pu quantifier avec précision la diminution du rayon lunaire. Watters souligne que ce phénomène se poursuit aujourd'hui, avec la croissance des failles existantes et la formation de nouvelles. Ces recherches sont essentielles pour anticiper les risques futurs et préparer les missions spatiales habitées.

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