Que se passe-t-il lorsqu’on tire la chasse d’eau ? Une étude montre comment les aérosols des toilettes atteignent vos poumons
La chasse projette dans l’air des microbes issus de la cuvette. Les aérosols des toilettes atteignent la hauteur de respiration d’un adulte, et leur quantité dépend directement du volume d’eau utilisé..
Lorsqu’on tire la chasse d’eau, des particules invisibles appelées aérosols sont projetées dans l’air. Ces aérosols sont des micro-gouttelettes d’eau ou de déchets liquides et solides, qui se forment lorsque l’eau de la chasse tombe à très haute vitesse dans la cuvette. Leur taille varie de quelques micromètres à plusieurs millimètres, mais les plus petites particules, invisibles à l’œil nu, peuvent rester en suspension dans l’air pendant plusieurs minutes, voire heures. Une étude récente a montré que ces aérosols peuvent atteindre une hauteur de 1,5 mètre au-dessus de la cuvette, ce qui correspond à la zone où se trouve le visage d’une personne debout. Les chercheurs ont utilisé des caméras haute vitesse et des capteurs de particules pour visualiser et mesurer la dispersion de ces aérosols.
Les aérosols des toilettes peuvent transporter des agents pathogènes, comme des bactéries ou des virus, présents dans les déchets humains. Une fois en suspension dans l’air, ces particules peuvent être inhalées par les occupants de la pièce, notamment lors de l’utilisation des toilettes. Les chercheurs soulignent que les toilettes publiques ou partagées, où plusieurs personnes se succèdent, présentent un risque accru de propagation de maladies. Une étude a révélé que des virus comme le SARS-CoV-2 (responsable de la COVID-19) ou des bactéries comme E. coli peuvent survivre dans ces aérosols pendant un certain temps, bien que leur capacité à infecter reste à préciser. Les personnes immunodéprimées ou souffrant de maladies respiratoires pourraient être plus vulnérables.
Le phénomène de dispersion des aérosols est lié à la physique des fluides. Lorsque la chasse d’eau est tirée, l’eau entre dans la cuvette à une vitesse élevée, créant un tourbillon qui projette les déchets et l’eau vers le haut. Ce mouvement génère des gouttelettes de différentes tailles, dont les plus fines sont emportées par les courants d’air. Les chercheurs ont observé que la fermeture rapide du couvercle des toilettes réduit significativement la dispersion des aérosols, car elle limite la propagation des particules vers l’extérieur. À l’inverse, les toilettes sans couvercle ou avec un couvercle mal fermé favorisent la diffusion des aérosols dans la pièce.
Pour limiter l’exposition aux aérosols des toilettes, les scientifiques recommandent plusieurs mesures simples. Fermer systématiquement le couvercle avant de tirer la chasse permet de réduire la dispersion des particules de 80 % à 90 %, selon les études. Il est également conseillé d’aérer la pièce après chaque utilisation, en ouvrant une fenêtre ou en utilisant un système de ventilation, afin d’éliminer les particules en suspension. Les chercheurs insistent sur l’importance de ces gestes dans les lieux publics, comme les hôpitaux, les écoles ou les bureaux, où le risque de transmission de maladies est plus élevé. Ces pratiques pourraient devenir des normes d’hygiène, surtout dans un contexte post-pandémique.
L’étude citée dans l’article a été menée par des chercheurs en ingénierie environnementale et en microbiologie, probablement dans un laboratoire équipé de capteurs de particules et de caméras haute vitesse. Les scientifiques ont utilisé des traceurs fluorescents pour visualiser le parcours des aérosols et mesurer leur concentration à différentes hauteurs. Les résultats ont été comparés entre des toilettes avec et sans couvercle, ainsi qu’avec différents systèmes de chasse d’eau. Les données recueillies montrent que les toilettes modernes, avec un système de chasse à faible volume d’eau, produisent moins d’aérosols que les modèles anciens. Cette étude s’inscrit dans un contexte plus large de recherche sur les risques liés aux micro-organismes dans les environnements intérieurs.

