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Géopolitique

Ces “hipsters de l’eugénisme” qui veulent changer l’avenir de l’humanité

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Simone et Malcolm Collins sont persuadés de la supériorité de leurs gènes. Ils veulent avoir un maximum d’enfants pour peser sur l’évolution humaine.

Qui sont les Collins

Simone et Malcolm Collins, âgés respectivement de 35 et 36 ans, sont un couple américain installé en Pennsylvanie. Ils ont actuellement trois enfants et prévoient d’en avoir entre sept et treize au total. Ce couple se définit comme pronataliste, c’est-à-dire qu’il défend l’idée que l’humanité doit avoir davantage d’enfants pour assurer sa survie et son évolution. Leur projet repose sur une stratégie démographique audacieuse : selon leurs calculs, si chacun de leurs descendants a au moins huit enfants sur onze générations, leur lignée pourrait, à terme, dépasser en nombre la population mondiale actuelle. Leur démarche s’inscrit dans un mouvement plus large, encore marginal mais en croissance, notamment dans les milieux aisés de la tech et de l’investissement aux États-Unis.

Le mouvement pronataliste

Le pronatalisme est une doctrine qui prône l’augmentation des naissances pour des raisons démographiques, économiques ou, dans ce cas précis, eugénistes. Ce mouvement, bien que discret, gagne en visibilité, notamment dans les cercles influents de la technologie et de la finance américaine. Les Collins en sont des représentants emblématiques. Leur approche s’appuie sur une vision dystopique de l’avenir de l’humanité, qu’ils jugent menacée par des facteurs comme la baisse de la natalité ou des crises existentielles. Leur projet s’inscrit dans une logique de sélection génétique implicite, où la multiplication de leur lignée pourrait, selon eux, modifier durablement le cours de l’évolution humaine. Elon Musk, figure majeure de la tech, est l’un des promoteurs de ces idées dans l’espace public.

Un projet démographique radical

Le plan des Collins repose sur un calcul mathématique précis. Ils estiment que si chacun de leurs descendants a au moins huit enfants sur onze générations, leur lignée pourrait, à terme, représenter une part majoritaire de la population mondiale. Par exemple, avec trois enfants aujourd’hui, leur descendance pourrait théoriquement atteindre des proportions colossales après plusieurs générations. Leur objectif n’est pas seulement d’avoir une famille nombreuse, mais de peser sur l’évolution humaine en influençant la composition génétique future de l’espèce. Cette démarche soulève des questions éthiques, notamment sur les notions de supériorité génétique et de contrôle démographique.

Contexte et influences

Leur projet s’inscrit dans un contexte où les inégalités sociales et économiques jouent un rôle clé. Les milieux de la tech et de l’investissement, souvent associés à une forte concentration de richesses, sont des terreaux fertiles pour ces idées. Elon Musk, par exemple, a publiquement évoqué l’importance de la natalité pour l’avenir de l’humanité, bien qu’il n’ait pas explicitement soutenu le projet des Collins. Leur approche rejoint aussi des débats plus larges sur la démographie, la génétique et les risques de déclin démographique dans les pays développés. Leur discours, bien que marginal, reflète une inquiétude croissante face à l’avenir de l’espèce humaine.

Ce que ça pourrait changer

Leur projet a suscité des réactions contrastées. Certains y voient une démarche audacieuse pour préserver l’humanité, tandis que d’autres la qualifient de *dystopique* ou d’*eugéniste*, en raison de l’accent mis sur la sélection génétique. Les critiques soulignent notamment le caractère élitiste de leur approche, qui repose sur l’hypothèse d’une *supériorité génétique* des Collins. Leur projet interroge aussi sur les limites de l’intervention humaine dans l’évolution naturelle. Enfin, leur démarche, bien que théorique, pose des questions éthiques sur la responsabilité des individus face à l’avenir de l’espèce.

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