Essai BMW iX3 : le SUV qui peut réconcilier les puristes de la marque avec l’électrique
Avec cet iX3, BMW inaugure une nouvelle génération de véhicules électriques. Le constructeur bavarois était forcément attendu au tournant, mais il livre un véhicule particulièrement abouti, que j'ai pu essayer pour Numerama..
BMW lance avec l’iX3 une refonte complète de sa gamme électrique, marquant un tournant par rapport à son prédécesseur. Ce modèle s’inscrit dans la stratégie Neue Klasse (nouvelle classe) du constructeur bavarois, qui vise à appliquer à l’électrique les mêmes exigences de qualité et de performance que celles qui ont fait le succès de ses véhicules thermiques. L’iX3 abandonne ainsi les compromis des premières générations pour proposer une plateforme 100 % électrique optimisée, avec une autonomie théorique de 800 km et une architecture 800 volts, permettant des recharges ultra-rapides jusqu’à 400 kW en pic. Ce véhicule est présenté comme un modèle clé pour reconcilier les puristes de la marque avec l’électrique, en combinant héritage BMW et innovations technologiques.
L’iX3 adopte un design radicalement différent de ses prédécesseurs, avec une ligne monolithique et aérodynamique (coefficient de traînée Cx de 0,24) pour réduire la consommation d’énergie. À l’avant, les célèbres haricots BMW fusionnent en un bandeau numérique horizontal intégrant des optiques LED fines, offrant un look futuriste, surtout de nuit. Les dimensions du véhicule (4,78 m de long, 1,90 m de large, 1,63 m de haut) sont proches du Tesla Model Y, mais la plateforme électrique permet de mieux répartir les masses, donnant l’impression d’un véhicule plus compact et mieux assis sur la route. Le poids reste élevé (2,3 tonnes), mais la répartition des roues aux quatre coins améliore la stabilité.
L’intérieur de l’iX3 marque une rupture technologique avec des matériaux modernes et une ambiance lumineuse soignée. La partie supérieure de l’habitacle, avec ses jeux de lumière d’ambiance et ses textiles haut de gamme, reflète le standing premium de la marque. Cependant, la partie inférieure utilise des plastiques moins nobles, créant un contraste désagréable. Le volant, avec ses deux branches verticales massives, apporte une touche tech chic inédite. L’écran central, en forme de parallélogramme asymétrique, est orienté vers le conducteur pour faciliter l’accessibilité tactile, mais rompt l’harmonie visuelle de la planche de bord. Un large bandeau numérique, le BMW Panoramic Vision, projette des informations directement sur le pare-brise, offrant une expérience de conduite immersive.
Grâce à son empattement de 2,90 mètres, l’iX3 offre un espace intérieur généreux, notamment à l’arrière où les passagers bénéficient de beaucoup de place pour les jambes. Le coffre arrière, d’un volume de 520 litres (extensible à 1 750 litres), est complété par un frunk (coffre avant) de 58 litres, idéal pour ranger les câbles de recharge. Cependant, la forme biscornue du frunk limite son utilité pratique. L’ergonomie des sièges avant est excellente, avec une position de conduite confortable et des commandes physiques bien placées, bien que certains réglages nécessitent l’utilisation de l’écran central.
Le système d’infodivertissement de l’iX3 est plus fluide que sur les générations précédentes. Le BMW Panoramic Vision, qui projette des widgets personnalisables (météo, consommation, état de la batterie) sur le pare-brise, est la grande innovation. L’utilisateur peut configurer jusqu’à six widgets et adapter l’affichage selon le mode de conduite (Sport, Individual, etc.). La navigation intègre un planificateur d’itinéraire efficace, capable de recalculer les arrêts aux bornes haute puissance en fonction du style de conduite et de pré-conditionner la batterie automatiquement. Cependant, le système de conduite semi-autonome (qui permet de changer de voie d’un simple regard dans le rétroviseur) n’a pas pu être testé en conditions réelles en Espagne, en raison de restrictions légales.
Malgré ses 2,3 tonnes, l’iX3 offre une conduite dynamique et agréable, grâce à une direction précise et une motricité efficace. La suspension, ferme et typiquement allemande, préserve une bonne connexion avec la route sans être trop rigide. Les jantes de 22 pouces de l’exemplaire testé n’ont pas nui à la tenue de route, qui s’est révélée stable même sur des routes sinueuses. La gestion de la récupération d’énergie est automatisée : le véhicule freine seul à l’approche d’un virage, d’un rond-point ou d’un obstacle, jusqu’à l’arrêt complet en mode One Pedal (conduite à une pédale). En revanche, BMW a supprimé les palettes de régénération derrière le volant, obligeant l’utilisateur à passer par l’écran central pour ajuster le niveau de récupération.
L’iX3 est équipé d’une batterie de 108,7 kWh, permettant une autonomie théorique de 800 km. En conditions réelles, la consommation varie selon les conditions : 21,9 kWh/100 km par 10 °C et 18,8 kWh/100 km par 20 °C, avec des trajets de 197 km et 277 km respectivement. La recharge rapide a atteint jusqu’à 243 kW sur une borne Zunder, permettant de passer de 19 % à 80 % de charge en 24 minutes. Cependant, une borne Ionity défaillante a limité la puissance à 30 kW lors d’un essai. Malgré ces aléas, l’autonomie réelle est estimée à plus de 550 km en usage mixte et environ 450 km sur autoroute, confirmant l’efficacité du véhicule.
Le BMW iX3 est proposé à partir de 71 950 € en version xDrive 50, avec une option *xDrive40* à moins de 65 000 € pour attirer les flottes d’entreprise. Ce tarif reflète son positionnement premium, justifié par une technologie avancée et une finition haut de gamme. Le modèle testé, avec près de 18 000 € d’options, illustre le coût élevé des équipements supplémentaires. Face à la concurrence, l’iX3 se distingue par son équilibre entre performance, technologie et design, bien que son prix reste élevé pour un SUV électrique de cette catégorie.

