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Généraliste

Contrôles, arrestations et expulsions : la face cachée de l’ICE

ICI Radio-Canada · mis à jour 26 sept.

Louis Blouin vous emmène au Texas, dans cet État, à la frontière du Mexique, où l'ICE procède au quart de toutes ses arrestations..

L'agence ICE

L’ICE (Immigration and Customs Enforcement) est une agence fédérale américaine créée en 2003, dans le cadre du Homeland Security Act (loi sur la sécurité intérieure) adopté après les attentats du 11 septembre 2001. Elle dépend du département de la Sécurité intérieure des États-Unis et a pour mission principale de faire respecter les lois sur l’immigration et les douanes. Parmi ses activités, on trouve la lutte contre l’immigration clandestine, la traque des réseaux de trafic humain, la lutte contre la fraude documentaire et la protection des frontières. L’ICE emploie environ 20 000 agents répartis dans tout le pays et dispose d’un budget annuel de 8,3 milliards de dollars en 2023. Son rôle est souvent confondu avec celui des douanes (CBP, Customs and Border Protection) ou des gardes-frontières, mais l’ICE se concentre davantage sur les enquêtes et les arrestations en profondeur, y compris à l’intérieur des États-Unis.

Méthodes controversées

L’ICE utilise des méthodes de contrôle, d’arrestation et d’expulsion qui soulèvent des débats éthiques et juridiques. Par exemple, des opérations comme Operation Streamline visent à accélérer les procédures judiciaires contre les migrants en situation irrégulière, avec des jugements rendus en quelques minutes. Entre 2017 et 2021, sous l’administration Trump, le nombre d’arrestations par l’ICE a augmenté de 40 %, passant de 110 000 à 155 000 par an. Les expulsions ont également connu une hausse, avec 355 000 personnes renvoyées dans leur pays en 2019, un record depuis 2013. Ces méthodes incluent des raids dans les lieux de travail ou les quartiers, des collaborations avec les forces de l’ordre locales, et l’utilisation de technologies comme les bases de données biométriques pour identifier les migrants.

Impact sur les familles

Les actions de l’ICE ont des conséquences dramatiques sur les familles des migrants en situation irrégulière. En 2020, plus de 500 000 enfants américains vivaient dans des familles menacées d’expulsion, selon des estimations. Les arrestations en public ou à domicile créent un climat de peur, poussant certains parents à éviter les services publics par crainte d’être arrêtés. Par exemple, dans l’État du Texas, des rapports indiquent que des écoles ont vu leur fréquentation chuter de 10 % dans les quartiers où des raids de l’ICE ont eu lieu. Les séparations familiales, comme celles observées lors de la politique de tolérance zéro en 2018, restent un sujet de préoccupation majeur. Plus de 5 500 enfants ont été séparés de leurs parents à la frontière entre mai et juin 2018, un chiffre qui a choqué l’opinion publique internationale.

Débats politiques

La politique migratoire américaine, et notamment le rôle de l’ICE, est au cœur de tensions politiques. Sous l’administration Biden, qui a pris ses fonctions en janvier 2021, l’agence a vu ses effectifs réduits et ses priorités modifiées, avec un recentrage sur les migrants considérés comme dangereux plutôt que sur tous les sans-papiers. Cependant, les républicains critiquent cette approche, accusant le gouvernement de laxisme. En 2022, le Congrès a débattu d’un projet de loi visant à réformer le système migratoire, mais sans succès. Les États comme la Californie ou New York, dirigés par des gouverneurs démocrates, ont adopté des lois pour limiter la collaboration avec l’ICE, comme le California Values Act en 2017, qui restreint les pouvoirs des forces de l’ordre locales en matière d’immigration.

Ce que ça pourrait changer

Les politiques migratoires de l’ICE ont aussi des répercussions économiques. D’un côté, les expulsions privent certains secteurs, comme l’agriculture ou la construction, de main-d’œuvre bon marché. Par exemple, en 2021, 50 % des travailleurs agricoles en Californie étaient des migrants sans papiers, selon des estimations. De l’autre, les dépenses liées aux arrestations et aux expulsions pèsent sur les budgets publics. En 2020, l’ICE a dépensé 5,3 milliards de dollars pour ses opérations, un coût qui inclut les détentions, les transports et les procédures judiciaires. Les économistes soulignent que ces politiques pourraient aggraver les pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs clés, tout en alimentant des débats sur la régularisation des travailleurs sans papiers.

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