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Géopolitique

Les supercentenaires ont un super système immunitaire

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Une étude portant sur des personnes âgées de plus de 100 ans, publiée par une équipe japonaise, révèle que leur système immunitaire continue de s’adapter..

Supercentenaires et longévité

Les supercentenaires sont des personnes ayant dépassé l’âge de 110 ans. En 2026, le Japon compte environ 150 supercentenaires, selon les données démographiques citées par l’étude japonaise. Ces individus représentent une infime partie de la population, mais leur étude pourrait révéler des mécanismes biologiques liés à une longévité exceptionnelle. Par exemple, en 2020, le Japonais Chitetsu Watanabe, âgé de 112 ans, était reconnu comme l’homme le plus âgé au monde par le Guinness des records. Ces cas extrêmes attirent l’attention des chercheurs, car ils pourraient offrir des indices sur les facteurs permettant de vivre plus longtemps en bonne santé.

Cellules immunitaires spéciales

Une étude japonaise publiée en août 2026 dans la revue Cell Reports révèle que les supercentenaires possèdent un type particulier de cellules immunitaires appelées lymphocytes T CD4 cytotoxiques (ou CD4 CTL). Ces cellules, normalement présentes en faible quantité (environ 5 % des lymphocytes T), sont bien plus abondantes chez les personnes âgées de plus de 100 ans. Leur rôle principal est de détecter et d’éliminer les cellules anormales, comme celles infectées par un virus ou cancéreuses. Les chercheurs émettent l’hypothèse que ces cellules pourraient contribuer à la longévité en protégeant l’organisme contre des maladies graves, bien que cette théorie nécessite encore des preuves supplémentaires.

Méthodologie de l'étude

Pour mener cette recherche, l’équipe japonaise a analysé des échantillons de sang de trois groupes de personnes : huit individus âgés de 70 à 99 ans, dix âgés de 100 à 109 ans, et dix autres de 110 ans et plus. Bien que l’échantillon soit modeste, les auteurs soulignent que les supercentenaires sont si rares que dix participants représentent une proportion significative de cette population au Japon. Les résultats montrent une augmentation progressive du nombre de lymphocytes T CD4 cytotoxiques avec l’âge, suggérant une adaptation continue du système immunitaire au fil des décennies.

Hypothèses et limites

Les scientifiques japonais, dont Kosuke Hashimoto, premier auteur de l’étude, reconnaissent que le rôle exact des lymphocytes T CD4 cytotoxiques dans la longévité n’est pas encore clairement établi. Ils évoquent la possibilité que ces cellules aident à combattre les cellules cancéreuses, mais cette hypothèse reste à confirmer. Par ailleurs, l’étude ne permet pas de déterminer si ces cellules sont une cause ou une conséquence de la longévité. D’autres facteurs, comme le mode de vie ou la génétique, pourraient également jouer un rôle. Les chercheurs insistent sur la nécessité de poursuivre les investigations pour valider ces observations.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats de cette étude ont été relayés par des médias scientifiques renommés comme *Scientific American* et *Nature*, qui soulignent l’importance de ces découvertes. Le magazine *New Scientist* a également commenté l’étude, mettant en avant la rareté des supercentenaires et la pertinence de leur étude pour comprendre les mécanismes du vieillissement. Ces réactions montrent l’intérêt de la communauté scientifique pour ces travaux, tout en rappelant que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour tirer des conclusions définitives.

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