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Généraliste

Qui sont les 19 députés conservateurs?

Le Devoir · mis à jour 6 oct.

Dans le caucus du PCQ, seules Maïté Blanchette Vézina et Caroline Simard ont une expérience parlementaire..

Parti conservateur québécois

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) fait son retour à l'Assemblée nationale après 91 ans d'absence, avec 19 députés élus lors des élections de 2026. Ce parti, dirigé par Éric Duhaime depuis 2021, se positionne clairement à droite sur l'échiquier politique québécois. Il propose notamment un message économique marqué par des idées conservatrices, comme la réduction de l'intervention de l'État ou la promotion des libertés individuelles. Le PCQ avait obtenu 13% des suffrages en 2022, mais a progressé pour devenir la deuxième opposition à l'Assemblée nationale en 2026. Son programme inclut des mesures comme le rétablissement de peines minimales pour certains crimes ou l'imposition d'une contribution financière aux prisonniers pour couvrir les frais de leur procès et incarcération.

Chef et figures clés

Éric Duhaime, chef du PCQ, est une figure centrale du parti. Ancien militant du Parti québécois et conseiller du Bloc québécois, il a également été candidat pour l'Alliance canadienne. Connu pour son style polémique, il a accueilli les sceptiques de la gestion pandémique en 2022. Il est accompagné de deux députés expérimentés : Maïté Blanchette Vézina (La Peltrie) et Caroline Simard (Charlevoix–Côte-de-Beaupré), qui ont chacune siégé précédemment sous d'autres bannières politiques. Blanchette Vézina était ministre des Ressources naturelles sous la CAQ avant de rejoindre le PCQ en 2026, tandis que Simard, ancienne députée libérale, a battu Pauline Marois en 2014.

Profil des nouveaux députés

Parmi les 19 députés conservateurs élus, plusieurs profils se distinguent. Éloïse Coulombe (Charlesbourg), 23 ans, devient la plus jeune femme députée de l'histoire du Québec. Karim Elayoubi (Chauveau), médecin omnipraticien, est porte-parole du parti en santé. Marie-Josée Hélie (Montmorency) défend des positions conservatrices sur la famille et l'autonomie alimentaire, mais a suscité la controverse en associant la vaccination obligatoire à une opération « génocidaire ». Dominique Dumas (Chutes-de-la-Chaudière), ancien animateur de radio, a tenu des propos controversés sur la gestion de l'offre et les indépendantistes. Karine Laflamme (Lévis) est une ancienne conseillère municipale qui a battu le superministre caquiste Bernard Drainville.

Expérience et parcours variés

Les députés conservateurs ont des parcours très divers. Certains viennent de la politique municipale, comme Patrick Paquet (Vanier-Les Rivières), ancien membre des conseils de Québec sous Régis Labeaume, ou Patricia Drouin (Beauce-Nord), ancienne mairesse de Vallée-Jonction. D'autres ont des carrières professionnelles marquées, comme Frédéric Poulin (Côte-du-Sud), agriculteur et entrepreneur laitier, ou Tarek Henoud (Arthabaska-L’Érable), qui cumule plus de 25 ans d'expérience en gestion et finance. Renaud Labrecque (Lotbinière-Frontenac) est un ancien directeur général de municipalité, tandis qu'Adriana Szalontai (Champlain), originaire de Roumanie, a travaillé au Parlement de Londres avant d'immigrer au Québec.

Enjeux et portefeuilles

Chaque député conservateur a un domaine de spécialisation au sein du parti. Marie-Josée Hélie s'occupe d'identité et de culture, tandis qu'Éloïse Coulombe représente la jeunesse. Karim Elayoubi est porte-parole en santé, Jonathan Poulin en sécurité publique et justice, et Patricia Drouin en éducation et famille. Karine Laflamme défend les transports, notamment le troisième lien entre Québec et Lévis. Guillaume Langlois (Nicolet-Bécancour), médecin de famille, milite pour réduire la paperasse dans le réseau de la santé. Marcel Bouchard (Portneuf) se concentre sur le sport et les loisirs, et Renaud Labrecque sur l'imputabilité de la fonction publique.

Controverses et défis

Plusieurs députés conservateurs ont été associés à des controverses. Marie-Josée Hélie a comparé la science à une religion et les scientifiques à des prêtres, tandis que Dominique Dumas a tenu des propos jugés grossiers sur des sujets comme le véganisme ou les indépendantistes. Marcos Archambault (Louis-Hébert) a accusé à tort son adversaire péquiste de sollicitation illégale dans les bureaux de vote, une allégation qu'il a dû rétracter. Jimmy Gagnon (Mégantic) a fait face à un litige judiciaire où un juge l'a accusé de mentir à la cour. Tarek Henoud (Arthabaska-L’Érable) a suscité des questions en manifestant sa crainte devant les traînées blanches laissées par les avions, des publications exhumées par la presse.

Ce que ça pourrait changer

Les élections de 2026 marquent un tournant pour le Québec avec l'arrivée du PCQ à l'Assemblée nationale, un parti disparu depuis 1935. Le parti a remporté 19 circonscriptions, devenant la deuxième opposition derrière la CAQ. Cette percée s'inscrit dans un contexte où le message économique conservateur a séduit une partie de l'électorat, notamment dans les régions. Le PCQ a réussi à mobiliser des électeurs mécontents de la gestion de la pandémie ou en quête de solutions alternatives en matière de santé, d'éducation ou de sécurité. Cette élection confirme aussi le déclin du Parti libéral du Québec, dont Caroline Simard était l'une des dernières représentantes avant de rejoindre le PCQ.

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