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Généraliste

L’intensité de la guerre commerciale monte d’un cran

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 11 j

Donald Trump a notamment interdit l'importation de certains produits canadiens aux États-Unis..

Contexte géopolitique

En septembre 2026, les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient, marquant une escalade dans ce qu’on appelle une guerre commerciale. Cette situation survient après que les États-Unis ont imposé des droits de douane de 50% sur des produits canadiens fin août 2026. Le Canada a réagi en appliquant à son tour des contre-tarifs de 15%, 25% et 50% sur près de 28 milliards de dollars de produits américains, entrée en vigueur le 9 septembre 2026. Ces mesures visent à protéger les entreprises et les travailleurs canadiens, selon le premier ministre Mark Carney. Les deux pays s’accusent mutuellement de pratiques commerciales discriminatoires, sans parvenir à un accord pour désamorcer le conflit.

Mesures américaines

L’administration du président américain Donald Trump a annoncé une série de mesures punitives contre le Canada le 9 septembre 2026. Parmi elles, l’exclusion des fournisseurs canadiens du programme Multiple Award Schedule (MAS), un système d’approvisionnement public américain géré par l’Administration des Services Généraux (GSA). Ce programme représente un marché de 50,6 milliards de dollars américains par an, mais les entreprises canadiennes n’y obtenaient que 57,3 millions de dollars en 2024-2025, soit 0,1% du total. Trump a également interdit l’importation de certains produits canadiens comme les produits laitiers, les boissons alcoolisées et les motocyclettes à partir du 29 septembre 2026. D’autres produits, dont le fromage, le papier, l’acier et l’aluminium, voient leurs droits de douane passer à 50%, tandis que des produits comme les cannes à pêche et les voiturettes de golf sont retirés de cette liste. Ces mesures s’appliqueront à partir du 15 septembre 2026.

Réactions canadiennes

Le gouvernement canadien, représenté par le ministre du Commerce Canada–États-Unis Dominic LeBlanc, a qualifié ces mesures américaines d’injustifiées et a annoncé évaluer les options disponibles. LeBlanc a réaffirmé la volonté du Canada de dialoguer avec les États-Unis pour rétablir des relations commerciales équilibrées, tout en protégeant sa souveraineté. De son côté, la première ministre québécoise Christine Fréchette a adopté un ton combatif, comparant les États-Unis à un intimidateur et annonçant des mesures de soutien aux entreprises locales, comme la réservation de certains appels d’offres publics aux entreprises québécoises jusqu’en janvier 2027. Elle a aussi appelé les citoyens à acheter québécois pour soutenir l’économie locale, suggérant une augmentation de 25 dollars par semaine des dépenses dans les entreprises de la province, ce qui pourrait injecter 3 milliards de dollars dans l’économie.

Impact économique

L’économiste en chef du Mouvement Desjardins, Jimmy Jean, souligne que ces nouvelles mesures américaines élargissent le champ des tensions commerciales au-delà des biens manufacturés, incluant désormais les services et les exportations de services. Il craint un effet boule de neige sur l’économie canadienne, avec des répercussions possibles sur les investissements et l’emploi. Jean Charest, ancien premier ministre du Québec et membre du Comité consultatif sur les relations économiques canado-américaines, estime que le Canada n’a d’autre choix que de riposter, malgré les dommages collatéraux pour son économie. Il souligne que les contre-tarifs sont une réponse à un langage que l’administration Trump comprend, dans un contexte où il n’existe pas de bonnes solutions.

Ce que ça pourrait changer

L’entreprise canadienne Bombardier, fleuron de l’aérospatiale, est devenue un symbole des tensions commerciales. Donald Trump a menacé de bloquer les ventes de Bombardier aux États-Unis, une mesure qui a suscité des réactions de défense, y compris de la part de sénateurs républicains du Kansas, où l’entreprise emploie plus de 3 500 personnes, dont 40% à Wichita. Jean Charest qualifie cette situation de *théâtre de l’absurde*, car Bombardier est profondément intégré à l’économie américaine, avec une forte présence dans plusieurs États. Les sénateurs Roger Marshall et Jerry Morand ont interpellé l’administration Trump pour souligner l’importance de Bombardier pour l’emploi local au Kansas. Bombardier produit des avions contenant davantage de composants américains que certains avions américains concurrents, ce qui rend son exclusion contre-productive pour l’économie des États-Unis.

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