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Généraliste

Chicoutimi : quand la fatigue électorale s’installe

ICI Radio-Canada · mis à jour 6 sept.

Le 5 octobre, les électeurs de Saguenay se rendront aux urnes pour une cinquième fois en 18 mois..

Fatigue électorale au Saguenay

Les habitants de l'arrondissement de Chicoutimi, situé dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ressentent une fatigue électorale marquée après une série d'élections rapprochées. En 18 mois seulement, les électeurs ont été appelés aux urnes à cinq reprises : une élection fédérale en 2023 ayant porté Mark Carney au pouvoir, une partielle provinciale après le départ de la ministre Andrée Laforest, une élection municipale, une partielle fédérale pour remplacer Richard Martel nommé au Sénat, et enfin les élections générales québécoises. Cette succession de scrutins rend la participation électorale difficile à suivre pour de nombreux citoyens. Yolande Lapointe, une habitante, illustre cette lassitude en déclarant : On commence à avoir notre voyage en sacrifice du votage, soulignant la confusion générée par l'accumulation des campagnes. Le professeur de science politique Pierre Turcotte confirme cette tendance, notant que l'abondance d'élections et leur chevauchement complexifient la compréhension des enjeux pour les électeurs.

Confusion des campagnes

La proximité des élections a créé une situation inédite où les pancartes électorales de différentes campagnes se mélangent, rendant difficile pour les électeurs de distinguer les partis et les candidats. Jean-Marc Bélanger, un citoyen, exprime cette difficulté en disant : Des fois, on sait même plus pour qui voter! Parce que c'est toujours des nouveaux. Cette confusion est amplifiée par le fait que les élections fédérales et provinciales se déroulent simultanément ou à très peu de temps d'intervalle. Le professeur Pierre Turcotte explique que cette superposition des scrutins ajoute une couche d'incompréhension, car les électeurs doivent non seulement suivre les programmes des différents partis, mais aussi se repérer dans un calendrier électoral surchargé. Cette situation est d'autant plus problématique que les partis politiques changent fréquemment de candidats ou de stratégies en réponse aux résultats précédents.

Enjeux économiques régionaux

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, traditionnellement un bastion souverainiste (favorable à l'indépendance du Québec), fait face à des défis économiques majeurs qui influencent les intentions de vote. Les deux principales industries locales, la production et la transformation d'aluminium ainsi que l'industrie forestière, sont fortement touchées par une guerre commerciale avec les États-Unis. Cette tension commerciale menace des milliers d'emplois et fragilise l'économie régionale. Pierre Turcotte, professeur de science politique, estime que cette situation désavantage le Parti québécois (PQ), qui mise sur des politiques souverainistes pour attirer les électeurs. Il suggère que les électeurs pourraient plutôt se tourner vers la Coalition Avenir Québec (CAQ), le parti actuellement au pouvoir, pour bénéficier d'un député influent capable de défendre leurs intérêts économiques. La CAQ, dirigée par Christine Fréchette, pourrait ainsi remporter jusqu'à deux sièges dans la région.

Stratégies des partis politiques

Les partis politiques adaptent leurs stratégies en réponse aux enjeux locaux et aux attentes des électeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le Parti québécois (PQ), historiquement fort dans la région, espère remporter les cinq circonscriptions lors des élections générales québécoises. Cependant, la guerre commerciale avec les États-Unis et ses conséquences économiques pourraient freiner cette ambition. Le professeur Turcotte souligne que le PQ pourrait perdre des appuis au profit de la CAQ, dont les politiques économiques sont perçues comme plus protectrices. Christine Fréchette, candidate de la CAQ, est présentée comme une figure capable de défendre les intérêts régionaux au sein du gouvernement. Les électeurs pourraient donc privilégier un député local influent plutôt qu'un parti dont les propositions peinent à répondre à leurs préoccupations immédiates, comme la préservation des emplois dans l'aluminium et la forêt.

Ce que ça pourrait changer

Les habitants de Chicoutimi expriment un mélange de lassitude et d'engagement politique, malgré la fatigue électorale. Certains, comme Yolande Lapointe et Jean-Marc Bélanger, critiquent la fréquence des élections et la confusion qu'elles génèrent, tandis que d'autres continuent à s'intéresser à la politique comme à une série télévisée. Le professeur Pierre Turcotte note que cette région, connue pour son attachement à la politique, voit ses citoyens divisés entre l'envie de participer et la difficulté à suivre le rythme des scrutins. Les discussions politiques, même informelles, restent fréquentes, notamment dans des lieux de sociabilité comme les centres de loisirs. Cependant, l'accumulation des élections et la complexité des enjeux pourraient réduire la participation électorale à long terme, surtout si les électeurs perçoivent que leurs votes n'ont pas d'impact immédiat sur leur quotidien.

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