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Géopolitique

En Italie, un escroc avait construit un faux “amphithéâtre antique” pour plumer les touristes

Courrier International · mis à jour 22 sept.

Pendant des années, l’amphithéâtre d’Arcugnano, près de Vicence, a attiré les foules par ses colonnades et ses statues prétendument antiques. Mais tout était faux, le site ayant été entièrement construit par le propriétaire des lieux.

Un faux amphithéâtre en Italie

En Italie, près de la ville de Vicence, un escroc nommé Franco Malosso a construit de toutes pièces un faux amphithéâtre antique sur un terrain de près de 5 000 mètres carrés. Présenté comme un site archéologique authentique, ce lieu a attiré des milliers de touristes pendant des années, certains payant jusqu’à 40 euros pour le visiter. Les visiteurs étaient convaincus d’admirer un vestige romain ou grec, mais il s’agissait en réalité d’une construction moderne. Malosso se présentait comme son propre découvreur et propriétaire, affirmant même que des figures historiques comme Jules César ou Cléopâtre s’y étaient rendues. Le site accueillait aussi des concerts, renforçant son apparence de lieu culturel légitime.

Les détails de l'arnaque

L’escroquerie a été révélée grâce à un signalement en octobre 2016, transmis par les forces de l’ordre locales aux autorités touristiques et culturelles italiennes. Une unité spécialisée, les carabiniers de la Tutela del patrimonio culturale (TPC), chargée de protéger le patrimoine culturel, a rapidement identifié la supercherie. Les enquêteurs ont découvert que les éléments du site étaient fabriqués avec des matériaux modernes : des murs en polystyrène, des colonnes en ciment et des statues en plâtre. Un ouvrier embauché par Malosso a témoigné que ce dernier lui avait demandé de donner un aspect ancien au site. Les finitions étaient si grossières que les anachronismes architecturaux étaient flagrants.

Condamnation judiciaire

Après une décennie de procédures judiciaires, Franco Malosso a été condamné en août 2026 à une peine de 28 mois de prison pour plusieurs chefs d’accusation : falsification d’œuvres d’art, construction illégale et destruction d’un environnement protégé. Le tribunal a également imposé une amende de 3 000 euros ainsi que 3 500 euros de frais de justice. La défense de Malosso, qui affirmait que ses falsifications étaient trop évidentes pour tromper qui que ce soit, n’a pas été retenue par la Cour suprême. Le site a été placé sous séquestre et Malosso a reçu l’ordre de le démolir. Cette affaire illustre les limites de l’application de la loi face aux arnaques touristiques en Italie.

Ce que ça pourrait changer

Giuseppe Marseglia, commandant de la section des TPC à Monza, a critiqué l’escroc en déclarant que les faussaires, bien que talentueux, ne méritaient aucun respect comparé à Malosso. Les autorités culturelles italiennes ont souligné l’importance de protéger le patrimoine archéologique, souvent ciblé par des contrefaçons destinées à exploiter la crédulité des touristes. Cette affaire rappelle que l’Italie, riche en sites antiques authentiques, doit rester vigilante face aux tentatives de fraude qui nuisent à sa réputation touristique et culturelle. Le site d’Arcugnano, autrefois présenté comme un joyau historique, est désormais un symbole des dérives possibles dans le secteur.

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