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Géopolitique

Mahmoud Abbas à nouveau empêché de se rendre aux États-Unis pour l’Assemblée générale de l’ONU

Courrier International · mis à jour il y a 3 j

Comme l’année dernière, Washington a refusé de délivrer un visa au président palestinien pour non-respect des engagements vis-à-vis de l’administration américaine, l’empêchant ainsi d’assister à la session annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. L’Autorité palestinienne dénonce une “mesure injustifiée”..

Refus de visa américain

Pour la deuxième année consécutive, les autorités américaines ont refusé de délivrer un visa à Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, l’empêchant de se rendre à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU. Cette décision, prise par le département d’État américain le 16 septembre 2026, s’inscrit dans une politique de restriction des déplacements des responsables palestiniens. En 2025, une mesure similaire avait déjà été appliquée sous l’administration Trump. L’Autorité palestinienne a qualifié cette interdiction de mesure injustifiée, soulignant que cela limite sa capacité à défendre sa cause sur la scène internationale.

Raisons invoquées par Washington

Les États-Unis justifient leur décision en reprochant à l’Autorité palestinienne et à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de ne pas respecter leurs engagements, notamment en matière de réformes. Washington accuse ces institutions de compromettre les perspectives de paix en menant des actions jugées contraires à ses intérêts. Parmi les griefs cités figurent la internationalisation du conflit israélo-palestinien via des recours aux institutions juridiques internationales comme la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ). Les États-Unis reprochent également à l’Autorité palestinienne de contourner les négociations en cherchant une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien et de verser des allocations à des personnes qualifiées de terroristes par les États-Unis.

Réactions palestiniennes

L’Autorité palestinienne a vivement réagi à cette décision, la qualifiant de décision injustifiée et de mesure punitive. Dans un communiqué, elle a défendu les réformes mises en place et souligné que ces restrictions ne favorisent pas la paix ni la lutte contre la violence. Les responsables palestiniens interrogés par le quotidien Al-Quds ont estimé que le recours aux institutions juridiques internationales était une réponse naturelle à l’échec des négociations de paix, qui n’ont pas permis de mettre fin à l’occupation israélienne ni de freiner l’expansion des colonies en Cisjordanie. Ils ont également critiqué l’inaction des États-Unis pour protéger les droits du peuple palestinien.

Contexte géopolitique

Cette interdiction intervient alors que le soutien international à une solution à deux États (Israël et Palestine) s’accroît, notamment face à l’escalade de la violence en Cisjordanie occupée. Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et la France, ont récemment annoncé des sanctions contre la colonisation israélienne. La communauté internationale exerce une pression croissante pour une perspective politique permettant de sortir de l’impasse actuelle. Malgré cette interdiction, l’ONU a prévu d’autoriser Mahmoud Abbas à s’exprimer en visioconférence lors de l’Assemblée générale, comme cela avait été le cas en 2025.

Ce que ça pourrait changer

Bien que Mahmoud Abbas ne puisse pas se rendre aux États-Unis, la mission de l’OLP à New York continuera de fonctionner grâce au personnel accrédité. Cela garantit une représentation diplomatique palestinienne minimale au sein des Nations unies. L’objectif est de maintenir une voix palestinienne audible lors des débats internationaux, malgré les restrictions imposées par Washington. Cette situation illustre les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Autorité palestinienne, ainsi que les défis diplomatiques auxquels fait face le processus de paix au Proche-Orient.

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