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Churchill Falls : Christine Fréchette veut être réélue pour signer l’entente

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Les déclarations de la première ministre agacent les partis d'opposition, qui y voient de l'électoralisme..

Contexte politique

Le 17 août 2026, une nouvelle entente-cadre entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador concernant le complexe hydroélectrique de Churchill Falls a été annoncée. Cette entente suscite des réactions politiques au Québec, notamment de la part des partis d'opposition. La première ministre du Québec, Christine Fréchette (Coalition avenir Québec, CAQ), a déclaré que la signature définitive de cette entente dépendrait de la réélection de son parti lors des élections générales du 5 octobre 2026. Elle a justifié cette position en affirmant que son gouvernement était le seul à même de mettre en œuvre cette entente. Les partis d'opposition, comme le Parti conservateur du Québec (PCQ), le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), ont réagi en soulignant qu'ils étaient ouverts à soutenir l'entente s'ils étaient élus, mais qu'ils souhaitaient d'abord l'analyser en détail. Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a qualifié la déclaration de Christine Fréchette de manœuvre électorale grossière, affirmant qu'un gouvernement péquiste maintiendrait l'entente si elle était avantageuse pour le Québec.

Détails de l'entente

L'entente-cadre signée entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador prévoit que le Québec aura accès à environ 10 000 mégawatts (MW) supplémentaires d'électricité en provenance du Labrador. Cette quantité représente une augmentation de 27 % de la capacité de production d'Hydro-Québec, la société d'État québécoise responsable de la production et de la distribution d'électricité. À titre de comparaison, les neuf centrales du complexe de la Baie James, le plus puissant complexe hydroélectrique du Québec, produisent un peu plus de 16 000 MW. Les deux provinces disposent d'un délai jusqu'au 31 mars 2027 pour finaliser cette entente. En 2024, une première entente avait été renouvelée entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador sous le gouvernement de Andrew Furey, mais elle avait été abandonnée en 2025 par son successeur, Tony Wakeham. Le protocole d'entente actuel a été négocié au cours des dernières semaines.

Réactions des partis

Les partis d'opposition au Québec ont réagi à l'annonce de cette entente. Le chef du PCQ, Éric Duhaime, a indiqué que l'entente définitive ne serait signée qu'après les élections du 5 octobre, après avoir discuté avec la présidente-directrice générale d'Hydro-Québec, Claudine Bouchard. Le chef libéral Charles Milliard a déclaré que son parti analyserait pleinement l'entente pour s'assurer qu'elle était optimale pour les Québécois avant une ratification finale. Québec solidaire, représenté par Ruba Ghazal, a souligné l'importance de consulter les Premières Nations dont le territoire serait impacté par cette entente, estimant qu'il y avait trop d'inconnues pour savoir si elle était vraiment avantageuse. Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a démenti les affirmations de Christine Fréchette selon lesquelles un gouvernement péquiste pourrait déchirer le protocole d'entente.

Ce que ça pourrait changer

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ), qui représente les employeurs privés et parapublics, s'est dit optimiste quant à cette entente. Selon le CPQ, sécuriser de nouvelles capacités de production d'électricité est essentiel pour répondre à la demande croissante des entreprises, notamment dans le contexte de décarbonation de leurs activités. L'accroissement de la capacité énergétique permettrait une plus grande prévisibilité pour les entreprises consommatrices, à condition que les tarifs d'Hydro-Québec restent concurrentiels pour le secteur privé. Cette entente intervient alors que le Québec, comme l'ensemble de l'Amérique du Nord, fait face à une augmentation rapide de la demande d'électricité, en partie due à l'arrivée de grands centres de données servant à alimenter l'intelligence artificielle. L'Association minière du Québec a également accueilli favorablement ce nouveau protocole d'entente, en raison de la forte demande en énergie des sites miniers.

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