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Dans une forêt danoise, un aspirateur à ADN identifie 90 espèces animales sans en avoir vu une seule

Science & Vie · mis à jour 31 juil.

Un aspirateur à ADN portable a détecté 90 espèces de vertébrés sauvages dans trois zones protégées du Danemark, uniquement en filtrant l'air. Deux études précisent les réglages qui rendent la méthode fiable..

Un outil révolutionnaire

Des chercheurs danois ont utilisé un aspirateur à ADN dans une forêt du Danemark pour identifier des espèces animales sans les observer directement. Cet appareil, développé par l'entreprise NatureMetrics, aspire de l'air et piège les particules d'ADN présentes dans l'environnement. Ces particules, appelées ADN environnemental ou eDNA (pour environmental DNA), proviennent de cellules de peau, de poils, de plumes ou d'excréments laissés par les animaux. L'ADN est ensuite analysé en laboratoire pour déterminer quelles espèces ont fréquenté la zone. Cette méthode permet de dresser un inventaire de la biodiversité en quelques heures, sans avoir besoin de capturer ou de voir les animaux, ce qui est particulièrement utile pour les espèces rares ou discrètes.

90 espèces identifiées

Dans une forêt danoise, l'aspirateur à ADN a permis d'identifier 90 espèces animales différentes en une seule collecte d'échantillons. Parmi ces espèces, on trouve des mammifères comme le cerf élaphe, le sanglier ou le renard, mais aussi des oiseaux, des amphibiens et des insectes. Certaines de ces espèces sont difficiles à observer directement en raison de leur discrétion ou de leur rareté. L'outil a également détecté des espèces aquatiques comme des poissons ou des crustacés, suggérant que l'air environnant transporte des traces d'ADN depuis des zones humides proches. Cette découverte illustre la capacité de l'eDNA à révéler une biodiversité bien plus large que ce que les méthodes traditionnelles permettent de détecter.

Comment ça fonctionne ?

L'aspirateur à ADN fonctionne en aspirant un volume d'air à travers un filtre spécial qui capture les particules microscopiques contenant de l'ADN. Ces particules sont ensuite analysées en laboratoire à l'aide de techniques de séquençage génétique. Le processus implique plusieurs étapes : extraction de l'ADN, amplification des séquences génétiques spécifiques, puis comparaison avec des bases de données référencées pour identifier les espèces correspondantes. Cette méthode est rapide et moins invasive que les techniques traditionnelles, comme les pièges photographiques ou les captures d'animaux. Elle permet également de surveiller des écosystèmes fragiles sans les perturber.

Avantages et limites

L'utilisation de l'eDNA présente plusieurs avantages par rapport aux méthodes classiques. Elle est non invasive, car elle ne nécessite pas de contact direct avec les animaux, et efficace, car elle peut détecter des espèces rares ou nocturnes. De plus, elle permet de couvrir de grandes zones en peu de temps. Cependant, cette technique a aussi des limites. Par exemple, elle ne fournit pas d'informations sur l'âge, le sexe ou l'état de santé des animaux détectés. De plus, la présence d'ADN dans l'environnement ne garantit pas que l'animal est encore présent dans la zone au moment de l'analyse. Enfin, le coût des analyses génétiques peut être élevé pour des projets à grande échelle.

Ce que ça pourrait changer

Cette innovation ouvre la voie à de nombreuses applications dans le domaine de la **biodiversité** et de la **surveillance environnementale**. Elle pourrait être utilisée pour suivre l'évolution des populations animales dans des zones protégées, évaluer l'impact des changements climatiques ou encore détecter des espèces invasives. Les chercheurs envisagent également de l'appliquer à d'autres milieux, comme les océans ou les villes, pour mieux comprendre les écosystèmes urbains. À plus long terme, cette technologie pourrait contribuer à la préservation de la biodiversité en fournissant des données précises et actualisées aux scientifiques et aux décideurs politiques.

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