Malgré le rejet de Trump, l’Iran maintient ses conditions pour rouvrir Ormuz
Téhéran affirme être prêt à reprendre les négociations, mais exige des garanties concrètes de Washington..
Le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’est intensifié depuis fin février 2026, après que Washington et Israël ont lancé des frappes militaires contre l’Iran. Ce conflit a pour origine des tensions géopolitiques et économiques majeures. Les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens, c’est-à-dire qu’ils bloquent l’accès aux navires étrangers pour affaiblir l’économie iranienne. En réponse, l’Iran revendique le contrôle du détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique par lequel transite environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux (pétrole et gaz), soit près de 20 % du commerce mondial d’énergie. Avant la guerre, ce détroit était essentiel pour l’approvisionnement énergétique de nombreux pays, notamment en Europe et en Asie. La situation illustre une guerre d’influence où chaque camp cherche à affaiblir l’autre économiquement et militairement.
L’Iran a proposé aux États-Unis de rouvrir le détroit d’Ormuz sous sept jours, à condition que Washington accepte ses exigences. Ces conditions incluent l’arrêt immédiat des hostilités sur tous les fronts, le déblocage et le versement des avoirs iraniens gelés depuis la Révolution islamique de 1979 (soit près de 45 ans de sanctions économiques américaines), ainsi que la levée des sanctions qui étouffent l’économie iranienne. Ces demandes ne sont pas nouvelles : elles figuraient déjà dans un protocole d’accord signé en juin 2026, mais celui-ci a échoué en raison de désaccords sur les conditions de passage dans le détroit. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a insisté sur le fait que ces conditions étaient « claires » et non négociables, tout en laissant la porte ouverte à la diplomatie.
Donald Trump a rejeté la proposition iranienne en la qualifiant de « manipulation diplomatique cynique ». Il a affirmé que l’Iran cherchait cet accord car il « perdait méchamment » la guerre. Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, a dénoncé une « tentative assez cynique » des Iraniens, estimant qu’ils réitéraient des exigences déjà connues pour donner l’impression de négocier, alors que leur protocole d’accord avait été violé par des attaques contre la navigation internationale. Trump a précisé qu’il « garde toutes les options sur la table », ce qui signifie que les États-Unis pourraient recourir à des frappes militaires supplémentaires, notamment après les élections législatives américaines du 3 novembre 2026. Cette position reflète une méfiance profonde envers l’Iran, alimentée par des actions passées jugées non fiables.
L’Iran a réagi en dénonçant des « vieilles accusations infondées » et en insistant sur le fait que ses conditions étaient légitimes et déjà discutées. Le président iranien Massoud Pezeshkian a précisé que la proposition avait été validée par le guide suprême Mojtaba Khamenei, la plus haute autorité politique et religieuse du pays, et qu’une équipe de six personnes avait été désignée pour prendre des décisions. Sur le terrain, une accalmie relative a été observée depuis le 1er septembre 2026, avec l’absence de frappes américaines contre l’Iran. Cependant, des incidents persistent : les Gardiens de la Révolution iraniens ont saisi un drone sous-marin américain dans le détroit d’Ormuz, accusé d’espionnage. Par ailleurs, le conflit s’étend au Yémen, où les Houthis pro-iraniens ont repris les hostilités en juillet 2026, consolidant leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un autre passage stratégique pour le commerce pétrolier.
La stabilité du Moyen-Orient est cruciale pour la sécurité énergétique mondiale, car les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb sont des points de passage obligés pour les exportations de pétrole. Le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, a accusé la communauté internationale de « manquements » en n’assumant pas ses responsabilités pour protéger ces zones. Ces détroits sont au cœur des tensions entre l’Iran, les États-Unis, Israël et leurs alliés régionaux. Leur fermeture ou leur contrôle par un camp pourrait perturber l’approvisionnement en énergie, faire flamber les prix des carburants et aggraver les crises économiques mondiales. La situation reste donc extrêmement volatile, avec un risque constant d’escalade militaire.

