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Les trolls d’extrême-droite ont continué de troller malgré les attaques sur les data centers russes

Science & Vie · mis à jour il y a 16 j

Couper les serveurs d'un adversaire semble un moyen direct de le faire taire. Pourtant, viser les machines ne suffit pas toujours à stopper ce qu'elles diffusent.

Attaques sur Yandex

Le 13 octobre 2026, des drones ukrainiens ont ciblé plusieurs centres de données du géant technologique russe Yandex, souvent comparé à Google pour son rôle central dans l’écosystème numérique russe. Ces infrastructures abritent notamment des services comme un moteur de recherche, des outils de cartographie et des plateformes en ligne. Les frappes ont perturbé temporairement certains services, en privant une partie de leurs infrastructures de leur fonctionnement normal. Ces attaques marquent une évolution dans la guerre en Ukraine, car elles visent directement le réseau numérique russe plutôt que des cibles militaires traditionnelles. Peu après les frappes, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a suggéré que ces opérations avaient affaibli la propagande du Kremlin, une affirmation qui a rapidement circulé en ligne.

Illusion de nettoyage

Après les frappes, de nombreux internautes et observateurs ont cru constater une réduction des contenus haineux ou de désinformation en ligne. Certains utilisateurs ont signalé une baisse des publications provenant de comptes associés au mouvement MAGA (soutien à Donald Trump aux États-Unis) ou au parti allemand d’extrême droite AfD. D’autres ont évoqué une diminution des appels téléphoniques et messages indésirables. Ces réactions ont créé l’impression d’un « nettoyage » de l’espace numérique. Cependant, cette perception s’est révélée trompeuse, car elle confondait deux types d’infrastructures distinctes : les robots d’indexation et les fermes de trolls.

Robots vs trolls

Les frappes ukrainiennes ont principalement affecté les robots d’indexation de Yandex, des programmes automatisés qui parcourent le web pour alimenter les résultats des moteurs de recherche. Ces robots ne sont pas utilisés pour diffuser de la désinformation. En revanche, les fermes de trolls sont des réseaux de faux comptes, souvent pilotés depuis des infrastructures différentes, dont le rôle est de propager de fausses informations ou des messages provocateurs. Les attaques n’ont donc pas touché directement ces fermes, ce qui explique pourquoi la désinformation a continué à circuler sans interruption. Le compte antibot4navalny, qui surveille ces réseaux, a confirmé que le trafic de faux comptes est resté aussi dense qu’avant les frappes.

Désinformation persistante

Malgré les attaques sur les centres de données, la désinformation russe n’a pas faibli. Peu après les frappes, des comptes proches du Kremlin ont relayé une vidéo affirmant, à tort, que des experts demandaient la levée des sanctions contre la Russie. Cette vidéo illustre comment les acteurs de la désinformation adaptent rapidement leurs stratégies pour contourner les perturbations techniques. Les observateurs soulignent que la désinformation ne dépend pas uniquement des infrastructures ciblées, mais aussi de la capacité à recréer rapidement des canaux de diffusion. Cette situation met en lumière la difficulté de lutter contre la désinformation en ligne, même lorsque des infrastructures clés sont attaquées.

Ce que ça pourrait changer

Cet épisode révèle les limites des attaques ciblées contre les infrastructures numériques dans un conflit. Bien que les frappes sur les centres de données puissent perturber temporairement certains services, elles ne suffisent pas à neutraliser les réseaux de désinformation, qui reposent sur des infrastructures distribuées et des comptes automatisés. Les experts soulignent que la cyberguerre ne se limite pas à la destruction de serveurs, mais inclut aussi la manipulation de l’information et la résilience des acteurs. Cette affaire montre que la guerre numérique est un champ de bataille complexe, où les victoires tactiques ne garantissent pas toujours des résultats stratégiques durables.

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