Les violences de colons, un sujet embarrassant pour Nétanyahou
Plusieurs Palestiniens ont été tués pendant la récolte des olives, lors d’attaques devenues quasi quotidiennes..
Des violences impliquant des colons israéliens en Cisjordanie occupée ont attiré l’attention internationale ces derniers jours. Le 18 octobre 2026, des colons ont grièvement blessé Heidi Levine, une photographe américaine du Washington Post qui couvrait la récolte des olives dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967. Le lendemain, un convoi de diplomates européens a été attaqué, notamment Bernard Baudoux, 78 ans, maire d’une commune du nord de la France, qui a été roué de coups. Ces incidents s’ajoutent à des attaques quasi quotidiennes contre des Palestiniens, incluant des passages à tabac et des incendies criminels. Ces violences ont été qualifiées de « terrorisme juif » par des opposants politiques à Benjamin Nétanyahou, premier ministre israélien. La Cisjordanie est un territoire palestinien occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967, une situation considérée comme illégale par le droit international.
Les violences des colons sont devenues un sujet politique sensible en Israël à quelques jours des élections législatives prévues le 27 octobre 2026. Benjamin Nétanyahou, chef du gouvernement sortant, est critiqué pour son soutien aux colons les plus radicaux. Ses adversaires, comme Gadi Eisenkot, candidat centriste et ancien chef d’état-major de l’armée, l’accusent de laxisme face à ce qu’ils qualifient de « terrorisme juif ». Eisenkot promet de rétablir la détention administrative, une mesure permettant d’incarcérer une personne sans inculpation, actuellement appliquée uniquement aux Palestiniens sous Nétanyahou. Yaïr Golan, autre candidat de gauche, critique également ces violences et promet une « main de fer » pour rétablir l’ordre. Nétanyahou, lui, conteste ces accusations et dénonce une « campagne coordonnée visant à diffamer Israël ». Boaz Bismuth, député du Likoud (parti de Nétanyahou), nie l’existence d’un « terrorisme juif » en Cisjordanie, qu’il appelle Judée-Samarie selon son nom biblique.
Benjamin Nétanyahou minimise les violences des colons, les attribuant à une « poignée de délinquants mineurs ». Il a également suggéré que le maire français Bernard Baudoux, victime d’une agression, était un sympathisant de la cause palestinienne. Ses services ont promis que les auteurs de l’attaque contre Heidi Levine devraient « rendre des comptes », sans pour autant désigner clairement les colons. Alon Yakter, politologue à l’Université de Tel Aviv, souligne que malgré une société israélienne majoritairement de droite et peu favorable à une solution à deux États (israélien et palestinien), il existe un large consensus contre la violence des colons. Ces violences sont devenues un point faible pour Nétanyahou, car il est allié à des partis d’extrême droite favorables à l’annexion de la Cisjordanie.
Selon Alon Yakter, les violences des colons ne devraient pas, à elles seules, influencer le scrutin du 27 octobre 2026. Cependant, l’opposition pourrait les utiliser pour montrer une perte de contrôle des autorités, menaçant la sécurité d’Israël, une préoccupation majeure des électeurs. Mairav Zonszein, analyste à l’International Crisis Group, estime que ces attaques s’inscrivent dans un débat plus large sur la manière dont Nétanyahou nuit à la sécurité nationale israélienne. Elle souligne que ses déclarations donnent l’impression qu’il est « à la merci du mouvement des colons ». Malgré ces critiques, un changement de gouvernement ne remettrait probablement pas en cause le projet de colonisation en Cisjordanie, selon elle. Plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies considérées comme illégales par le droit international, aux côtés d’environ 3 millions de Palestiniens.
Depuis son retour au pouvoir en 2022, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou, l’un des plus à droite de l’histoire d’Israël, a approuvé ou légalisé 104 colonies en Cisjordanie. Ces colonies sont construites sur des terres palestiniennes occupées, une situation jugée illégale par la communauté internationale. Le gouvernement inclut des partis d’extrême droite qui soutiennent l’annexion de ce territoire. Les violences des colons, souvent ciblées contre les Palestiniens, sont perçues comme un symptôme d’une radicalisation croissante de la société israélienne sous ce gouvernement. Les colons sont environ 500 000 à vivre dans ces colonies, tandis que les Palestiniens sont environ 3 millions dans la même région.

