Une intelligence artificielle a déchiffré en 6 heures une lettre cryptée vieille de 217 ans contenant les ordres de Napoléon
Pendant plus de deux siècles, une lettre militaire du Premier Empire a gardé ses secrets, verrouillée par un code que personne n'avait su briser. Un spécialiste a confié l'énigme à une intelligence artificielle.
En 1809, Napoléon Bonaparte, alors empereur des Français, envoie une lettre militaire codée à l’un de ses maréchaux, Auguste de Marmont. Le message est rédigé par Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie et beau-fils de Napoléon, qui transmet les ordres de l’empereur. La lettre, destinée à être lue par Marmont sur les rives de l’Adriatique, contient des informations stratégiques sur les positions et les effectifs des troupes alliées. Ce document, resté secret pendant 217 ans, a été découvert parmi les énigmes non résolues du site Cryptiana, une plateforme dédiée aux codes historiques non déchiffrés. Aucun historien n’était parvenu à percer son mystère jusqu’à présent.
Pour protéger le contenu de la lettre, Eugène de Beauharnais a utilisé un chiffre homophone, une méthode de cryptage où une même lettre peut être représentée par plusieurs symboles différents. Par exemple, la lettre e pouvait être codée par un carré, un cercle ou un triangle, rendant le décryptage particulièrement difficile. Le message comptait 24 lignes de code, composées de près de 1 300 symboles tirés d’un répertoire de 155 signes uniques. Certains mots entiers, comme des noms de villes ou de régiments, avaient également leur propre symbole. Cette complexité explique pourquoi la lettre est restée indéchiffrable pendant plus de deux siècles.
Fin septembre 2026, l’ingénieur Carter Church, spécialisé en cybersécurité chez SentinelOne, a utilisé le modèle d’intelligence artificielle GPT-6 Astra développé par OpenAI pour tenter de déchiffrer la lettre. Contrairement aux méthodes traditionnelles, l’IA a combiné en une seule session trois tâches : la reconnaissance des symboles sur une image floue de la lettre, la recherche de clés de décryptage en ligne, et la programmation d’un outil de décodage personnalisé. En seulement six heures, l’IA a réussi à associer chaque symbole à une lettre ou un mot, en s’appuyant sur une clé partielle trouvée en ligne et sur des algorithmes analysant les régularités de la langue française.
Le contenu de la lettre, une fois décodé, révèle des ordres déjà connus des historiens. L’empereur Napoléon y exhorte le maréchal Marmont à ne pas se laisser intimider par des troupes ennemies ou des pillards, une fois l’ordre de marche reçu. Michael Rowe, historien au King’s College de Londres, précise que cette lettre ne contient pas de révélation majeure, mais confirme plutôt des stratégies militaires déjà documentées. Carter Church, l’ingénieur à l’origine du déchiffrement, a partagé ses scripts et ses données en ligne, tout en signalant un doute sur cinq symboles restants. Cette prouesse technologique intrigue les historiens, qui y voient une avancée majeure dans l’utilisation de l’IA pour résoudre des énigmes historiques.
Cette expérience marque une étape importante pour la *cryptologie*, la science du chiffrement et du déchiffrement. Historiquement, des documents comme la *pierre de Rosette* ou les codes de la Seconde Guerre mondiale ont nécessité des décennies de travail pour être décryptés. Grâce à l’IA, des énigmes centenaires pourraient désormais être résolues en quelques heures. Cependant, cette méthode soulève des questions éthiques et pratiques, notamment sur la fiabilité des résultats et l’utilisation de l’IA pour interpréter des contextes historiques complexes. Les chercheurs, comme Michael Rowe, appellent à une collaboration entre historiens et experts en intelligence artificielle pour valider ces nouvelles approches.

