La fin de la naïveté pour Apashe avec l’OSM
Rencontre explosive entre l’Orchestre symphonique et une vedette de la musique électronique..
Apashe, de son vrai nom John de Buck, est un artiste et producteur belge installé à Montréal depuis son adolescence. Il est reconnu pour son style unique mêlant musique électronique, hip-hop et influences orchestrales. L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) propose un concert exceptionnel les 8, 9 et 10 octobre 2026 à la Maison symphonique, où Apashe présentera une version symphonique de ses titres phares. Ce projet marque une étape importante pour l’artiste, qui intègre pour la première fois l’orchestre symphonique à ses créations. L’OSM, dirigé par Dina Gilbert, accueillera également des solistes vocaux et la chorale des Petits Chanteurs de Laval pour ce spectacle.
Apashe a découvert la musique classique et les bandes originales de films pendant son adolescence, parallèlement à l’apprentissage de la production musicale. Il a progressivement intégré des éléments orchestraux à ses compositions électroniques, notamment avec l’album Requiem (2020), où il a remixé des œuvres de Mozart. Ce projet a marqué un tournant vers une approche plus musicale et moins centrée sur les DJ sets. Son album Renaissance (2022) a ensuite introduit des orchestrations acoustiques, enregistrées avec un ensemble de Prague, ouvrant la voie à sa collaboration avec l’OSM. Apashe souligne que son installation à Montréal, à 18 ans, a été déterminante pour son parcours artistique, car la ville offre un environnement plus favorable à la créativité que l’Europe.
Apashe se distingue par sa capacité à mélanger des éléments musicaux a priori incompatibles, comme l’électronique et l’orchestre symphonique. Contrairement à d’autres artistes comme Molécule, qui privilégie des textures expérimentales, Apashe mise sur des contrastes marqués pour créer une fusion originale. Par exemple, il intégrera des extraits de la Symphonie n°4 de Tchaïkovski dans ses compositions, tout en laissant entendre la version originale pendant deux minutes pour respecter l’œuvre. Cette approche vise à créer un équilibre entre innovation et fidélité aux sources classiques. L’artiste reconnaît que cette démarche peut être perçue comme risquée, mais il considère que l’intention artistique prime sur la préservation stricte des œuvres originales.
Apashe aborde la question épineuse de la réappropriation des œuvres classiques dans un contexte moderne. Pour lui, la frontière entre une réinterprétation constructive et une défiguration dépend de l’intention artistique. Il cite l’exemple de son album Requiem, où il a transformé des morceaux de Mozart en y ajoutant des synthétiseurs et des percussions, tout en conservant leur structure harmonique et rythmique. Il critique les approches qui détruisent l’âme des œuvres originales, comme certaines tentatives de remix mal exécutées. Apashe compare sa démarche à celle d’un remix en musique électronique : il faut préserver l’identité de l’œuvre tout en y apportant une touche personnelle. Il évoque aussi l’exemple des Quatre Saisons de Vivaldi réarrangées par Max Richter, où la différence d’intention entre l’original et la version moderne a permis une fusion réussie.
Le concert avec l’OSM s’adresse à un public varié, mêlant les fans d’Apashe et ceux de l’orchestre symphonique. L’artiste anticipe une audience composée de mélomanes recherchant une expérience plus calme que ses spectacles habituels, ainsi que de curieux attirés par cette collaboration inédite. Apashe admet que la pression est plus forte aujourd’hui qu’au moment de la sortie de *Requiem*, où il pouvait expérimenter sans crainte. Il reconnaît que sa démarche initiale était « un peu naïve », mais il assume pleinement cette évolution artistique. Le spectacle inclura des titres emblématiques comme *Lacrimosa* de *Requiem* et *Le bouleau*, inspiré de Tchaïkovski, ainsi que des œuvres réorchestrées avec l’aide de l’orchestrateur Hugo Bégin pour approfondir la dimension symphonique.

