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Près de 96% des récifs coralliens menacés d’extinction d’ici 50 ans

Le Devoir · mis à jour il y a 14 j

À la COP17, les nations discutent pour essayer de sauver un accord historique sur la nature..

Menace sur 96% des coraux

Une étude de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), publiée en 2026, révèle que 96 % des récifs coralliens en eaux peu profondes à travers le monde sont classés dans la catégorie « en danger critique d’extinction », le niveau de menace le plus élevé défini par l’organisation. Cette évaluation, basée sur 127 écosystèmes répartis dans plus de 80 pays et couvrant une superficie de 188 362 kilomètres carrés, souligne un risque « extrêmement élevé » de disparition d’ici 2075. Les coraux, qui abritent un quart des espèces marines, sont particulièrement vulnérables au changement climatique, notamment en raison de leur sensibilité à la hausse des températures océaniques. L’UICN précise que cette menace est « imminente et grave », bien que certains récifs aient déjà montré une capacité à se rétablir après des épisodes de blanchissement dévastateurs.

Réchauffement des océans

Le principal facteur de menace pour les récifs coralliens est le stress thermique lié au changement climatique, qui provoque le blanchissement des coraux. Ce phénomène survient lorsque les coraux, stressés par des températures trop élevées, expulsent les algues microscopiques (zooxanthelles) qui vivent en symbiose avec eux et leur donnent leurs couleurs vives. Sans ces algues, les coraux perdent leur source de nourriture et deviennent blancs, ce qui les affaiblit et peut entraîner leur mort. L’UICN indique que la fréquence et l’intensité des épisodes de blanchissement ont augmenté en raison du réchauffement des océans, accéléré par le changement climatique. En 2026, l’apparition d’un « super » El Niño, un phénomène naturel de réchauffement des eaux, aggrave encore cette situation. Les scientifiques soulignent que ce stress thermique est « la menace la plus constante » à l’échelle mondiale pour ces écosystèmes.

Zones les plus touchées

Parmi les récifs coralliens les plus menacés figurent des écosystèmes emblématiques comme la Grande Barrière de corail en Australie, le Triangle de corail dans l’océan Pacifique occidental et en Asie du Sud-Est, la barrière de corail mésoaméricaine dans les Caraïbes, ainsi que les récifs de la mer Rouge. Ces zones, riches en biodiversité, pourraient disparaître d’ici 50 ans si les tendances actuelles se poursuivent. L’UICN précise que même si la pollution, la surpêche ou le surtourisme contribuent à dégrader ces écosystèmes, le changement climatique reste le facteur dominant de leur déclin. Les chercheurs ont utilisé le scénario « intermédiaire » du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui prévoit une hausse des températures mondiales de 2,7 °C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels.

Fenêtre d'action limitée

L’UICN insiste sur l’urgence d’agir dans les 50 prochaines années, qualifiant cette période de « fenêtre critique » pour sauver les récifs coralliens. Grethel Aguilar, directrice générale de l’UICN, affirme qu’il n’est « pas trop tard » pour inverser la tendance, mais que cela nécessite des réductions ambitieuses des émissions de gaz à effet de serre, des efforts accrus de protection et de restauration des écosystèmes, ainsi qu’un investissement soutenu dans des solutions résilientes pour les communautés côtières dépendantes de ces récifs. Elle rappelle que les gouvernements disposent des connaissances nécessaires pour agir, mais que les engagements actuels en matière de réduction des émissions, s’ils étaient respectés, mèneraient à un réchauffement de 2,6 °C d’ici 2100, un niveau toujours dangereux pour les coraux.

Ce que ça pourrait changer

Cette alerte survient alors que les nations se réunissent à la *COP17 biodiversité* à Erevan pour discuter d’un accord historique sur la protection de la nature, signé en 2022. Cet accord vise à protéger 30 % des terres et des mers mondiales d’ici 2030, mais son application reste incertaine, les gouvernements tardant à mettre en œuvre leurs engagements. Une étude publiée en 2026 dans la revue *Nature* a révélé qu’en 2020, près de la moitié des espèces de coraux présentaient un *« risque relatif élevé d’extinction »*, confirmant l’urgence de la situation. Mishal Gudka, responsable scientifique de l’évaluation de l’UICN, appelle à un *« signal d’alarme »* plutôt qu’à un sentiment de désespoir, soulignant que des actions concrètes pourraient encore sauver une partie de ces écosystèmes.

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