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Généraliste

Un juge ordonne à la Maison-Blanche de rétablir l’accès pour CNN, MS Now et Politico

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

Cette décision de Donald Trump est potentiellement contraire à la Constitution, écrit-il dans cette ordonnance temporaire..

Décision judiciaire clé

Un juge fédéral américain, Timothy Kelly, a ordonné dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 septembre 2024 à la Maison-Blanche de rétablir immédiatement l’accès à trois médias : les chaînes de télévision CNN et MS NOW, ainsi que le site d’information en ligne Politico. Ces médias avaient été exclus sans préavis par le président Donald Trump à partir du 18 septembre, accusés de diffuser de fausses informations. Le magistrat a estimé que cette exclusion brutale était probablement contraire à la Constitution américaine, plus précisément au Premier amendement, qui protège la liberté de la presse. L’ordonnance du juge est temporaire et valable pour deux semaines, le temps d’examiner plus en détail le fond de l’affaire. Elle impose à la Maison-Blanche de restituer les badges d’accréditation des correspondants de ces médias, sous peine de sanctions.

Arguments du juge

Dans son ordonnance, le juge Kelly a souligné qu’une décision gouvernementale privant un individu ou une organisation d’un droit protégé par la Constitution doit respecter une procédure régulière. Cela signifie que la personne concernée doit être informée des motifs de la sanction et avoir la possibilité de se défendre avant que celle-ci ne soit appliquée. Or, selon le magistrat, les trois médias bannis n’ont reçu aucune notification préalable ni possibilité de répondre aux accusations portées contre eux. Le juge a également rejeté l’argument du gouvernement selon lequel cette exclusion aurait été motivée par des préoccupations de sécurité nationale. Il a précisé que Donald Trump avait justifié ce bannissement en évoquant le manque de véracité des informations diffusées par ces médias et leur couverture jugée négative, et non des raisons sécuritaires.

Accusations contre les médias

Les lettres officielles envoyées par la Maison-Blanche aux trois médias exclus le 18 septembre 2024 leur reprochent plusieurs éléments. CNN est notamment accusé d’avoir révélé des détails top secret concernant la construction d’un bunker sous la salle de bal de la Maison-Blanche, en chantier dans l’aile Est du bâtiment. Politico et MS NOW sont critiqués pour leur couverture d’une pénurie de munitions des forces armées américaines, liée à la guerre contre l’Iran. Donald Trump conteste cette information, bien qu’un rapport du Pentagone (ministère de la Défense américain) publié mi-septembre 2024 ait confirmé l’existence de cette pénurie. Ces accusations ont conduit CNN, MS NOW et Politico à saisir la justice, dénonçant une atteinte directe au Premier amendement de la Constitution, qui garantit la liberté de la presse.

Réactions et solidarité

L’exclusion de CNN a provoqué une réaction en chaîne parmi les médias. Les quatre autres membres du pool télévisé de la Maison-Blanche — CBS, ABC, NBC et Fox — ont décidé de cesser leur participation à ce dispositif crucial, par solidarité. Le pool est un système où quelques médias partagent leurs images et informations avec les autres, permettant une couverture collective des événements à la Maison-Blanche. Résultat, le 20 septembre 2024, aucun des grands médias américains (Fox News, CNN ou MS NOW) n’a pu diffuser en direct les images de l’accueil du président chinois Xi Jinping par Donald Trump. L’avocat des trois médias exclus, Theodore Boutrous, a salué une « décision majeure » qui réaffirme la liberté de la presse et l’état de droit.

Position du gouvernement

Le département de la Justice américain, représentant le gouvernement de Donald Trump, a défendu sa position en affirmant que l’accès à la Maison-Blanche était un privilège et non un droit. Selon cette argumentation, le président aurait donc le pouvoir discrétionnaire d’exclure des médias qu’il juge indésirables. Cette position s’appuie sur un précédent : en 2025, l’agence de presse Associated Press avait été écartée du Bureau ovale (le bureau du président) pour avoir refusé de renommer le Golfe du Mexique en « Golfe d’Amérique ». Le gouvernement Trump a également tenté de retarder la décision du juge en demandant un délai jusqu’au vendredi 20 septembre 2024, mais cette demande a été rejetée. Donald Trump a indiqué qu’il comptait faire appel de la décision, bien que les ordonnances temporaires soient généralement difficiles à contester.

Ce que ça pourrait changer

Donald Trump n’en est pas à sa première confrontation avec les médias. Lors de son premier mandat (2017-2021), il avait déjà privé un journaliste de CNN d’accréditation après un échange tendu. Sous la pression d’une décision judiciaire, la Maison-Blanche avait finalement rétabli son accès au bout de 12 jours. Cette affaire rappelle également les tensions récurrentes entre l’administration Trump et la presse, marquée par des accusations de *fake news* (fausses informations) et des restrictions d’accès. L’**Association des correspondants à la Maison-Blanche**, ainsi qu’une cinquantaine d’autres médias, ont apporté leur soutien aux trois médias exclus, soulignant l’importance du rôle de la presse dans une démocratie.

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