Le secrétaire général de l’ONU veut interdire les « robots IA tueurs »
« Certaines décisions doivent rester à jamais humaines — en particulier quand il s’agit de prendre une vie humaine », a affirmé António Guterres. Le secrétaire général de l’ONU a pris position sur cette question brûlante, à l’heure où les armées du monde entier accélèrent l’intégration de l’IA dans leurs opérations militaires.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à une interdiction internationale des robots IA tueurs, des machines capables de sélectionner et d’attaquer des cibles humaines sans intervention humaine. Lors d’un discours à Genève, il a qualifié ces systèmes d’armes autonomes létales de moralement répugnants, soulignant que certaines décisions doivent rester à jamais humaines, notamment celles concernant la vie ou la mort. Guterres milite pour une réglementation stricte, voire une interdiction, inscrite dans le droit international. Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays, dont les États-Unis, accélèrent l’intégration de l’intelligence artificielle dans leurs stratégies militaires. L’ONU alerte sur la rapidité des progrès technologiques, qui rendent ces armes de plus en plus accessibles et dangereuses.
L’intelligence artificielle (IA) est déjà utilisée par plusieurs armées dans le monde. Aux États-Unis, le Pentagone s’appuie sur des modèles d’IA générative, comme ceux développés par l’entreprise Anthropic, pour des opérations militaires. Par exemple, ces outils ont été employés lors de la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro et pendant un conflit entre les États-Unis et l’Iran. Cependant, Anthropic a rappelé que ses conditions d’utilisation interdisent explicitement de développer ou concevoir des armes, bien que l’entreprise n’ait pas objecté à l’usage de ses technologies dans des opérations militaires existantes. L’IA est aussi utilisée pour assister les décisions stratégiques, comme le confirme Bernard Benhamou, secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique, qui souligne que ces outils s’immiscent dans des sphères hautement stratégiques et décisionnelles.
La question des robots IA tueurs soulève des débats éthiques et religieux. Le pape François, dans son encyclique Magnifica Humanitas, a critiqué l’usage militaire de l’IA, affirmant que la décision de tuer ne doit jamais reposer sur des critères comme la rapidité ou l’efficacité. Selon lui, l’IA ne fait qu’accélérer et déshumaniser les conflits, transformant les victimes en simples données et abaissant le seuil de la violence. Ces positions rejoignent celles d’António Guterres, mais leur impact reste limité face aux avancées technologiques. Les tensions géopolitiques, comme la rivalité entre les États-Unis et la Chine, compliquent la mise en place d’un accord international pour réguler ces armes.
Aux États-Unis, l’administration Trump a marqué sa position en désignant Anthropic comme *fournisseur à risque* et en changeant de partenaire pour ses projets d’IA militaire. Cette décision fait suite à des tensions autour de l’utilisation de l’IA générative dans des opérations controversées. En France, un rapport de l’Assemblée nationale publié en 2025 a révélé que les *drones de combat* intègrent de plus en plus l’IA, offrant de nouvelles stratégies opérationnelles. Cependant, l’opacité des réglementations, notamment sous l’administration Trump, et les divergences entre les grandes puissances (États-Unis, Chine) rendent difficile l’adoption d’un cadre international contraignant. Les enjeux incluent aussi la protection des valeurs démocratiques, comme la surveillance de masse, que l’IA pourrait faciliter.

