Des aires marines protégées turques… au milieu des îles grecques ?
La création d’aires marines protégées turques au milieu des îles grecques suscite la confusion à Athènes. Les relations diplomatiques entre les deux pays, dernièrement apaisées, pourraient se détériorer rapidement..
Le 15 août 2026, la Turquie a annoncé la création de deux nouvelles aires marines protégées dans la mer Égée et en Méditerranée orientale. Ces zones, délimitées par le Centre national de recherche sur le droit de la mer (Dehukam) de l’université d’Ankara, s’étendent autour des îles grecques de Lemnos et Samothrace dans le nord de la mer Égée, ainsi qu’autour de Kastellorizo en Méditerranée orientale. Une aire marine protégée est une zone maritime où les activités humaines, comme la pêche ou le trafic maritime, sont régulées pour préserver les écosystèmes marins. Ces annonces surviennent après que la Grèce a instauré, en juillet 2025, des mesures similaires dans la même région, ce qui a poussé la Turquie à réagir. Les îles mentionnées, Lemnos et Samothrace, sont situées près des côtes turques, tandis que Kastellorizo, bien que grecque, est très proche de la Turquie, ce qui rend la situation géopolitique particulièrement sensible.
La Grèce a réagi avec fermeté à l’annonce turque, qualifiant cette initiative d’"évolution très négative" susceptible d’aggraver rapidement les relations entre les deux pays. Selon le journal grec Kathimerini, la décision du président turc Recep Tayyip Erdoğan transforme les eaux internationales en zones soumises à des règles turques, limitant ainsi la liberté de navigation et les activités maritimes. Par exemple, l’accès à l’île de Kastellorizo pourrait être soumis à des restrictions imposées par la Turquie. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de relations déjà tendues entre la Grèce et la Turquie, deux pays membres de l’OTAN mais en désaccord sur plusieurs questions, notamment les frontières maritimes et les droits d’exploitation des ressources en mer Égée.
Les îles de Lemnos, Samothrace et Kastellorizo revêtent une importance géopolitique majeure en raison de leur position stratégique en mer Égée et en Méditerranée orientale. Lemnos et Samothrace sont proches des côtes turques, tandis que Kastellorizo, bien que grecque, est isolée et dépendante de routes maritimes contrôlées par la Turquie. La création de ces aires protégées par la Turquie pourrait être interprétée comme une tentative de renforcer son influence dans la région et de limiter l’accès grec à ces zones. Cette situation rappelle les tensions récurrentes entre les deux pays, qui se disputent depuis des décennies les frontières maritimes et les droits de pêche dans la région. Les relations gréco-turques, bien qu’apaisées récemment, pourraient se détériorer rapidement en raison de cette nouvelle mesure.
Les aires marines protégées turques pourraient avoir un impact direct sur la navigation et les activités économiques dans la région. Selon les analystes, ces zones imposeraient des conditions spécifiques pour les navires traversant ces eaux, notamment en matière de pêche, de transport maritime et d’accès aux ports. Par exemple, la continuité maritime entre les îles grecques de Lemnos et Samothrace pourrait être perturbée, limitant les déplacements des bateaux grecs. De plus, l’accès à Kastellorizo, une île grecque située à seulement 2 km des côtes turques, pourrait être soumis à des règles turques, ce qui compliquerait la vie quotidienne des habitants et des visiteurs. Ces restrictions pourraient avoir des conséquences économiques pour la Grèce, notamment dans les secteurs du tourisme et de la pêche.
Cette annonce intervient dans un contexte où les relations entre la Grèce et la Turquie, bien qu’apaisées ces derniers mois, restent fragiles. Les deux pays sont membres de l’OTAN, mais leurs désaccords persistent sur plusieurs sujets, notamment les frontières maritimes, les droits d’exploitation des ressources et les questions de sécurité. La création de ces aires marines protégées par la Turquie pourrait être perçue comme une provocation par la Grèce, risquant de relancer les tensions diplomatiques. Les observateurs soulignent que cette situation pourrait évoluer rapidement, selon les réactions des deux pays et les éventuelles mesures de rétorsion. Pour l’instant, aucune réponse officielle grecque n’a été publiée, mais les tensions restent palpables.

