À Pompéi, des impacts mystérieux pourraient dévoiler l’usage d’une arme de type “mitrailleuse” antique grecque
Le polybolos de Pompéi, une catapulte antique à répétition, a laissé des marques visibles sur les remparts romains. Découvrez comment cette arme mystérieuse a été identifiée grâce à des technologies modernes..
Des archéologues ont observé des impacts étranges sur les murs et les sols de Pompéi, une ancienne cité romaine ensevelie par l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. Ces traces, sous forme de petits trous alignés ou groupés, diffèrent des dommages habituellement causés par des projectiles classiques comme les flèches ou les pierres. Leur répartition et leur régularité suggèrent l’utilisation d’une arme à répétition rapide, similaire à une mitrailleuse moderne, mais datant de l’Antiquité grecque. Cette hypothèse, si elle se confirme, bouleverserait notre compréhension des technologies militaires de l’époque.
Les chercheurs évoquent une arme appelée polybolos, un engin de siège grec décrit par des textes anciens comme capable de tirer plusieurs projectiles en succession rapide. Contrairement aux catapultes ou aux balistes, qui lancent un seul projectile à la fois, le polybolos fonctionnait probablement grâce à un mécanisme à ressort ou à air comprimé, permettant une cadence de tir élevée. Les impacts découverts à Pompéi pourraient correspondre à ceux de cette arme, utilisée lors du siège de la ville par les Romains en 89 avant J.-C. ou lors d’un conflit antérieur. Si cette théorie est validée, elle prouverait que les Grecs maîtrisaient des technologies militaires bien plus avancées qu’on ne le pensait.
Pompéi, située près de Naples en Italie, était une ville prospère de l’Empire romain avant d’être détruite par l’éruption du Vésuve. Les traces d’impacts ont été retrouvées sur des bâtiments publics et des habitations, indiquant une utilisation massive de cette arme lors d’un siège ou d’une bataille. Les historiens estiment que les Romains ont souvent utilisé des engins de siège grecs, comme le polybolos, pour percer les défenses des villes ennemies. Cette découverte pourrait donc confirmer l’adoption de technologies militaires grecques par les Romains, bien avant leur domination méditerranéenne.
Les impacts observés présentent des caractéristiques précises : ils sont répartis en groupes de 3 à 5 trous, espacés de quelques centimètres, et certains montrent des traces de métal ou de bois incrustées. Ces détails suggèrent que les projectiles n’étaient pas des pierres ou des flèches, mais des éléments métalliques ou des bolas (projectiles sphériques liés par des cordes), lancés à haute vitesse. Les archéologues ont utilisé des techniques d’imagerie 3D et des analyses de résidus pour écarter d’autres hypothèses, comme des dommages causés par des éclats de roches ou des impacts de lave lors de l’éruption.
Si l’hypothèse du polybolos est confirmée, cela remettrait en question plusieurs idées reçues sur les capacités technologiques de l’Antiquité. Jusqu’à présent, les historiens pensaient que les armes à répétition rapide n’apparaîtraient qu’au Moyen Âge ou à la Renaissance. Cette découverte pourrait également expliquer certaines tactiques militaires décrites dans les textes antiques, comme l’utilisation de mitrailleuses primitives pour affaiblir les défenses ennemies avant un assaut. Les chercheurs prévoient désormais des fouilles plus approfondies pour retrouver des vestiges de l’arme elle-même.
Les archéologues vont désormais comparer les impacts de Pompéi avec ceux d’autres sites antiques, comme Athènes ou Syracuse, où des *polybolos* étaient supposément utilisés. Ils collaborent également avec des ingénieurs spécialisés en mécanismes anciens pour reconstituer le fonctionnement de cette arme. Une fois le mécanisme mieux compris, ils espèrent pouvoir reconstruire un prototype fonctionnel et tester sa puissance de feu. Cette démarche s’inscrit dans une tendance récente de l’archéologie expérimentale, qui vise à recréer des technologies oubliées pour mieux comprendre le passé.

