Marco Rubio invente l’Occident de Trump
La doctrine occidentaliste dans le discours d’Athènes du secrétaire d’État L’article Marco Rubio invente l’Occident de Trump est apparu en premier sur Le Grand Continent..
L’Acropole d’Athènes est bien plus qu’un site archéologique : c’est un symbole intemporel de la civilisation occidentale. Depuis 2 500 ans, ce lieu incarne l’héritage culturel et politique de la Grèce antique, malgré les destructions comme celle de 480 av. J.-C., lorsque les Perses incendièrent ses temples. Les Athéniens, après leur défaite, enterrèrent les débris de l’Acropole et reconstruisirent le Parthénon quelques décennies plus tard. Ce monument, toujours debout aujourd’hui, rappelle que l’Occident tire ses racines d’une histoire marquée par la résilience, l’innovation et la quête d’excellence. Les empires se sont succédé autour de lui, mais son influence sur la pensée occidentale reste indélébile.
Marco Rubio, secrétaire d’État américain et arrière-petit-fils de colons espagnols, souligne que l’histoire des États-Unis est profondément liée à celle de la Grèce antique. L’architecture de la capitale américaine, Washington, s’inspire directement de l’Antiquité grecque, avec ses colonnes et ses dômes. La ville de Philadelphie, où fut rédigée la Constitution américaine, porte même un nom grec. Les Pères fondateurs des États-Unis s’appuyaient sur des philosophes grecs comme Plutarque, dont les écrits sur les grands hommes de l’Antiquité sont les plus cités dans les Federalist Papers, un recueil de textes fondateurs de la démocratie américaine. Cet héritage montre que la démocratie, la philosophie et le vocabulaire politique occidental (comme les mots démocratie ou tyrannie) trouvent leur origine en Grèce.
Marco Rubio explique que l’Occident doit à la Grèce antique des traits fondamentaux qui le distinguent des autres civilisations. Ces traits incluent une individualité farouche, une ambition sans limites, une curiosité insatiable pour l’inconnu, et une confiance dans la capacité de l’homme à comprendre le monde grâce à la raison. Les Grecs anciens ont exploré et documenté des cultures étrangères, contrairement à d’autres sociétés centrées sur la stabilité. Leur conviction que le monde peut être cartographié et compris a donné naissance à la science, la médecine, la philosophie et la théologie chrétienne. Ces valeurs ont forgé une vision commune de l’homme, de sa place dans l’univers, et des idéaux de vertu et de destin.
Pour les Grecs antiques, l’excellence (aretê en grec) était au cœur de l’existence humaine. Leur société était organisée autour de la compétition, que ce soit en philosophie, en art, en sport ou en politique. Les cités grecques fonctionnaient comme des arènes où les individus s’efforçaient d’être les meilleurs, dans une quête perpétuelle de perfection. Ce modèle, bien que parfois perçu comme cruel ou compétitif par les standards modernes, a produit des réalisations exceptionnelles en art, en philosophie et en politique. Rubio souligne que cette mentalité a permis à l’Occident de se distinguer des autres civilisations, où la stabilité et la subsistance étaient souvent les seules priorités.
Les Grecs anciens appelaient thumos le feu intérieur qui pousse les individus à se dépasser, à combattre et à innover. Ce concept désigne la passion, le courage, la fierté et la volonté de se battre pour une cause. Selon Rubio, sans ce thumos, les nations perdent leur capacité à se défendre, à innover et à survivre. Il critique l’Occident moderne, qui aurait selon lui oublié cette qualité, préférant une société axée sur la sécurité et l’égalité au détriment de l’excellence et de la compétition. Cette perte de thumos se manifeste par une remise en question de l’histoire occidentale, une culpabilité envers la prospérité, et un affaiblissement des institutions nationales.
Rubio identifie plusieurs facteurs ayant contribué au déclin de la confiance et de la puissance de l’Occident. Parmi eux, la remise en question de l’histoire et des monuments nationaux, la délégation de la souveraineté à des bureaucraties internationales, le déclin industriel et militaire, ainsi que l’ouverture des frontières sans contrepartie. Ces choix, selon lui, ont affaibli l’Occident face à ses rivaux, qui ont profité de ce vide pour accumuler richesse et puissance. Il cite en exemple le transfert de décisions vers des institutions mondiales hors de contrôle, comme l’Union européenne ou l’OTAN, perçues comme éloignées des intérêts nationaux.
Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont adopté une politique étrangère axée sur la puissance nationale et la réindustrialisation. Cette stratégie inclut la reprise en main des chaînes d’approvisionnement critiques, la reconstruction de la défense, la domination des technologies futures (comme la superintelligence ou les puces électroniques), et le retour à l’exploration spatiale avec des missions habitées vers la Lune. Rubio présente cette approche comme un retour aux valeurs classiques de l’Antiquité grecque, où la diplomatie s’accompagne de la capacité à recourir à la force si nécessaire. Il cite l’exemple de l’accord entre les États-Unis, le Danemark et le Groenland, qui a renforcé la sécurité de l’OTAN en Arctique.
Marco Rubio appelle l’Europe et la Grèce à jouer un rôle central dans le renouveau occidental. Il salue les récentes augmentations des dépenses de défense en Europe, les nouveaux partenariats stratégiques et la relance industrielle, notamment en Grèce, perçue comme un allié modèle des États-Unis. Il souligne que l’alliance transatlantique doit être renforcée pour faire face aux menaces contemporaines, comme la migration, la défense énergétique ou les tensions géopolitiques. Rubio rejette l’idée d’une politique étrangère où l’intérêt national serait secondaire, rappelant que les Grecs anciens valorisaient la loyauté envers sa nation et la défense de ses intérêts.
Rubio évoque l’idéal grec du *grand homme*, incarné par des figures comme Socrate, qui a refusé de renier ses convictions au prix de sa vie, ou les 300 Spartiates, qui ont choisi de mourir plutôt que de fuir face à l’armée perse. Cet idéal repose sur l’idée que la gloire et l’immortalité s’obtiennent par le sacrifice et l’accomplissement de grandes choses pour une cause supérieure. Il s’oppose à une vision moderne où la sécurité et le confort priment sur l’ambition et la compétition. Pour Rubio, cet héritage moral a façonné l’Occident, du martyr chrétien au patriote prêt à donner sa vie pour son pays.

