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Géopolitique

Dans l’est du Groenland, la fonte des glaces favorise l’arrivée de nouvelles espèces de baleines

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Au cours des vingt dernières années, révèle une étude scientifique relayée par plusieurs médias, la fonte des glaces a permis à de nouvelles espèces de baleines d’investir l’est du Groenland, une zone qui leur était autrefois inaccessible. Ce qui pourrait avoir des conséquences importantes pour l’écosystème de la région..

Nouveaux visiteurs marins

Depuis 2006, des espèces de baleines autrefois absentes de l'est du Groenland y sont désormais observées. Une étude scientifique, relayée par plusieurs médias internationaux comme la BBC et CNN, révèle que la fonte des glaces dans cette région a ouvert des voies maritimes jusqu'alors bloquées. Jusqu'en 2006, aucune baleine à bosse n'avait été signalée dans cette zone, mais en 2024, 150 observations de cette espèce y ont été enregistrées. Ce phénomène s'explique par le réchauffement climatique, qui réduit la banquise estivale et rend ces eaux accessibles aux cétacés. Le chercheur Mads Peter Heide-Jorgensen, de l'Institut des ressources naturelles du Groenland, qualifie ces changements de radicaux pour la zone subarctique.

Migration record en 2024

En 2024, une migration massive de baleines a été documentée dans l'est du Groenland. Selon les données de suivi par balises satellites et les témoignages de chasseurs inuits, environ 4 000 baleines à bosse, 6 000 rorquals communs et 6 000 baleines de Minke ont fréquenté ces eaux pendant l'été. Ces chiffres illustrent l'ampleur du phénomène. Les baleines à bosse, par exemple, migrent habituellement depuis les Caraïbes vers le nord, mais leur choix de route était autrefois limité par la présence de glaces en été. Le réchauffement climatique a supprimé cette barrière, permettant aux cétacés de s'aventurer plus facilement vers l'est. Les scientifiques soulignent que ces migrations sont liées à la recherche de nourriture, notamment de capelan, un petit poisson d'eau froide dont les baleines sont friandes.

Pourquoi ces baleines viennent-elles ?

L'arrivée massive de ces baleines dans l'est du Groenland s'explique principalement par deux facteurs liés au réchauffement climatique. D'une part, la réduction de la banquise estivale a rendu cette zone accessible, évitant aux baleines de se retrouver piégées dans des blocs de glace. D'autre part, ces eaux abritent désormais des bancs de capelan, un poisson nutritif dont les baleines se nourrissent. Les scientifiques estiment que ces cétacés consomment chaque été environ 1 million de tonnes de capelan et de krill dans la région. Le réchauffement des océans au large de l'Islande aurait poussé ces bancs de poissons vers l'est du Groenland, où les températures restent plus fraîches, offrant ainsi un garde-manger idéal aux baleines.

Conséquences écologiques

L'arrivée de ces nouvelles espèces de baleines pourrait perturber l'équilibre écologique de l'est du Groenland. Mads Peter Heide-Jorgensen, chercheur à l'Institut des ressources naturelles du Groenland, met en garde contre les risques pour les espèces locales comme les narvals et les bélugas, dont l'habitat pourrait être menacé par cette compétition accrue. Si certaines espèces profitent de ces changements, d'autres pourraient en souffrir. Le scientifique souligne que le réchauffement climatique n'est pas uniformément bénéfique : il ouvre des opportunités pour certaines, mais en ferme pour d'autres. Cette dynamique illustre la complexité des conséquences écologiques du changement climatique.

Ce que ça pourrait changer

L'étude citée dans l'article s'appuie sur des données de suivi par balises satellites, placées sur quinze baleines, ainsi que sur des témoignages de chasseurs inuits, qui connaissent bien les eaux locales. Ces méthodes ont permis d'estimer avec précision le nombre de baleines présentes dans la région en 2024. Les chercheurs ont également analysé les mouvements migratoires des baleines et leur interaction avec les ressources alimentaires, comme le capelan. Ces travaux s'inscrivent dans un contexte plus large d'observation des effets du réchauffement climatique sur les écosystèmes marins, notamment dans les zones subarctiques.

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