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La SNCF a un nouveau concurrent : après Trenitalia, voici Velvet

Presse-Citron · mis à jour 1 sept.

L’entreprise Velvet va faire rouler des trains à grande vitesse sur le réseau ferroviaire de l’ouest de la France. Un concurrent de poids pour la SNCF..

Nouveau concurrent SNCF

La SNCF, entreprise publique française historique du transport ferroviaire, voit émerger un nouveau concurrent sur le marché des trains à grande vitesse en France : Velvet. Cette entreprise française privée a obtenu le 31 août 2026 une licence officielle du ministère des Transports, lui permettant d’exploiter des lignes TGV dans l’ouest du pays. Velvet rejoint ainsi Trenitalia, un opérateur italien déjà présent sur les lignes est de la France (Paris-Lyon-Marseille) depuis quelques années. Cette ouverture à la concurrence marque une étape majeure pour le secteur ferroviaire français, traditionnellement dominé par la SNCF depuis des décennies.

Lignes desservies par Velvet

Velvet prévoit de desservir des lignes très fréquentées reliant Paris à plusieurs grandes villes de l’ouest de la France, comme Bordeaux, Nantes, Rennes ou Angers. Ces trajets, empruntés par des millions de voyageurs chaque année, sont stratégiques pour le transport en France. Le premier train Velvet, sur la ligne Paris-Bordeaux, devrait entrer en service en 2028. D’ici 2029, l’entreprise prévoit d’étendre progressivement son réseau à l’ensemble des lignes initialement prévues. Les voyageurs auront alors le choix entre les trains de la SNCF (Ouigo pour les tarifs low-cost ou Inoui pour un service standard), et ceux de Velvet, avec des tarifs et des services à définir.

Origine et fondateurs de Velvet

Velvet est une entreprise française fondée en 2024 sous l’impulsion de Rachel Picard, ancienne directrice de Voyage SNCF, une filiale de la SNCF spécialisée dans les voyages en train. Cette origine donne à Velvet une légitimité particulière dans le secteur, tout en marquant une rupture avec l’opérateur historique. L’entreprise a commandé ses rames à Alstom, un constructeur français spécialisé dans les trains à grande vitesse. Ces rames seront basées sur la même plateforme que les futurs TGV M, ce qui devrait simplifier leur homologation et leur intégration au réseau ferroviaire existant.

Enjeux financiers et économiques

L’arrivée de Velvet s’inscrit dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire français, un processus encouragé par les autorités pour moderniser le réseau et réduire les coûts. Velvet contribuera financièrement à l’entretien des lignes qu’elle exploitera, à hauteur de 200 millions d’euros. Cette somme représente une aide significative pour l’État et la SNCF, qui gère traditionnellement l’ensemble du réseau. Cependant, cette concurrence soulève des questions sur son équité. Velvet se concentrera sur les lignes les plus rentables, laissant à la SNCF le soin de desservir les lignes moins fréquentées, souvent moins rentables. Cette situation pourrait accentuer les disparités entre les territoires et menacer la pérennité de certaines petites gares.

Avantages et risques pour les voyageurs

Pour les voyageurs, l’arrivée de Velvet pourrait se traduire par une augmentation du nombre de trains disponibles, avec une estimation de 10 millions de places supplémentaires par an. Cela pourrait aussi entraîner une baisse des prix des billets, grâce à la concurrence entre opérateurs. Cependant, rien n’est garanti : Velvet, en tant qu’entreprise privée, a pour objectif de réaliser des profits, ce qui pourrait limiter les bénéfices pour les usagers. Par ailleurs, l’expérience espagnole montre que l’ouverture à la concurrence peut fragiliser les opérateurs historiques. En Espagne, l’arrivée des trains low-cost Ouigo a conduit à une perte de parts de marché pour l’opérateur historique Renfe, mettant en péril certaines lignes moins rentables.

Ce que ça pourrait changer

Velvet représente une innovation majeure pour le transport ferroviaire en France, mais son succès n’est pas assuré. Plusieurs questions restent en suspens : Velvet parviendra-t-elle à s’imposer face à la SNCF et à devenir rentable ? La concurrence entre opérateurs fera-t-elle effectivement baisser les prix pour les voyageurs ? Les réponses à ces questions ne seront connues que dans plusieurs années, une fois que Velvet aura déployé l’intégralité de sa flotte et stabilisé ses activités. En attendant, cette nouvelle concurrence marque une étape symbolique dans la transformation du secteur ferroviaire français.

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