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Société

Si vous puez du nombril, vous êtes peut-être atteint de la maladie de Parkinson

Slate FR · mis à jour 5 oct.

Des chercheurs allemands ont utilisé une méthode innovante pour détecter la maladie de Parkinson à partir de prélèvements olfactifs au niveau du nez, du nombril et de l'oreille. L'analyse des échantillons ombilicaux donne des résultats concluants..

Nombril et Parkinson

Une étude publiée en septembre 2026 dans la revue Scientific Reports suggère que l'odeur du nombril pourrait aider à diagnostiquer la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont analysé des échantillons prélevés au niveau du nez, du nombril et de l'oreille de 24 participants, dont un quart était atteint de Parkinson. Cette maladie neurodégénérative touche plus de 250 000 personnes en France et se caractérise par des symptômes moteurs et cognitifs. L'étude repose sur l'analyse de composés organiques volatils (COV), des molécules odorantes présentes dans l'air que notre nez peut percevoir. Ces COV pourraient ainsi servir de marqueurs biologiques pour détecter la maladie de manière non invasive, sans recourir à des examens médicaux lourds.

Technique d'analyse innovante

Pour identifier les COV, les scientifiques ont utilisé une méthode appelée imagerie photoacoustique. Cette technique combine un laser et un détecteur sensible aux ondes sonores. Lorsqu'un faisceau laser est projeté sur les molécules odorantes en suspension, celles-ci absorbent la lumière et émettent de minuscules ondes acoustiques. Ces ondes sont ensuite captées et analysées pour créer une signature sonore unique, propre à chaque mélange de molécules. Dans cette étude, seulement cinq longueurs d'onde ont suffi à distinguer les échantillons selon les différentes pathologies des participants, dont la maladie de Parkinson, des troubles cognitifs légers, une infection au Covid-19 ou un état de santé normal.

Limites et perspectives

Bien que prometteuse, cette méthode présente des limites. L'étude a été menée sur un échantillon restreint de 24 personnes, ce qui rend les résultats préliminaires. Les chercheurs soulignent que la maladie de Parkinson et les troubles cognitifs touchent principalement les personnes âgées, et que la signature olfactive détectée pourrait en réalité refléter un vieillissement général plutôt qu'une pathologie spécifique. Malgré ces réserves, l'étude ouvre la voie à des technologies de dépistage non invasives, plus rapides et moins coûteuses que les méthodes actuelles. Elle s'inscrit dans une approche plus large visant à exploiter les odeurs corporelles pour le diagnostic médical.

Ce que ça pourrait changer

L'idée que les odeurs corporelles puissent révéler des maladies n'est pas nouvelle. Des études antérieures ont montré un lien entre les odeurs et la maladie de Parkinson. Par exemple, certains chiens, dont l'odorat est extrêmement développé, sont capables de détecter cette maladie chez l'humain. Une infirmière écossaise, Joy Milne, a même développé une forme de *super-pouvoir* olfactif : elle a remarqué que l'odeur corporelle de son mari, atteint plus tard de Parkinson, était devenue plus musquée. Elle a ensuite identifié cette même fragrance chez d'autres patients. Les scientifiques pensent que ces changements d'odeur pourraient résulter d'une modification de la production de *sébum*, une substance grasse sécrétée par la peau.

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