Giorgia Meloni veut limiter le nombre d’élèves étrangers dans les classes
La Première ministre a annoncé avoir l’intention d’approuver prochainement un décret fixant un plafond d’élèves étrangers ayant des problèmes dans la maîtrise de la langue italienne. Une mesure encore floue, mais qui provoque déjà une levée de boucliers dans la presse d’opposition..
La Première ministre italienne Giorgia Meloni, leader du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, a annoncé vouloir limiter le nombre d’élèves étrangers dans les classes italiennes. Cette mesure, encore floue dans ses détails, fait partie d’un décret en préparation qui inclurait aussi l’obligation pour les parents d’élèves étrangers en difficulté avec la langue italienne d’apprendre cette langue, ainsi que l’interdiction du port de la burqa et du hidjab à l’école. Le décret, non encore présenté officiellement au Conseil des ministres, suscite déjà de vives réactions dans la presse italienne, notamment de gauche, qui le qualifie de proposition raciste et irréalisable.
Selon les informations rapportées par le quotidien La Repubblica, le plafond envisagé serait fixé à 30% d’élèves étrangers par classe, mais uniquement en fonction de leur maîtrise de l’italien et non de leur nationalité. En 2023, seulement 7,6% des classes italiennes dépassaient ce seuil, et ce chiffre tombe à 0,6% si l’on exclut les élèves de seconde génération (enfants nés en Italie de parents étrangers, souvent non encore naturalisés). Cela concernerait environ 2 000 classes sur les 366 000 que compte le pays. Des cas extrêmes existent, comme une classe de cours préparatoire à Mestre où 90% des élèves sont bangladais, ou un établissement de Monfalcone avec 76% d’élèves étrangers.
La mise en œuvre de ce plafond pose des questions pratiques. Le ministre de l’Éducation, Giuseppe Valditara, a suggéré que les bureaux territoriaux de l’Éducation nationale pourraient réaffecter les élèves en excès vers d’autres écoles proches. Cependant, une tentative similaire avait échoué en 2010 sous un gouvernement de centre droit, en raison de difficultés logistiques. Antonello Giannelli, président de l’Association nationale des directeurs d’établissement, a reconnu que la mesure était fondée d’un point de vue pédagogique, mais difficile à appliquer concrètement. Les critères de répartition des élèves restent flous.
Cette annonce intervient alors que Giorgia Meloni cherche à renforcer son positionnement à droite, à moins d’un an des prochaines élections. Elle serait en partie motivée par la montée des sondages de l’ex-général ultranationaliste Roberto Vannacci, qui critique sa politique depuis l’extérieur de sa coalition. Pour Il Fatto Quotidiano, Meloni chercherait ainsi à prouver qu’elle incarne la vraie droite, en durcissant ses positions sur l’immigration et l’intégration. La mesure sur les élèves étrangers s’inscrit dans une stratégie plus large de durcissement politique.
La proposition a déclenché une polémique immédiate. La presse d’opposition, comme *Fanpage*, la qualifie de *raciste* et *irréalisable*, tandis que certains acteurs éducatifs, comme Antonello Giannelli, la jugent *défendable* sur le fond mais complexe à appliquer. Le gouvernement présente cette mesure comme une *simple question de bon sens*, visant à faciliter l’intégration des élèves étrangers en limitant les classes trop hétérogènes. Cependant, les détails du décret restent flous, notamment sur les critères de sélection des élèves concernés et les modalités pratiques de répartition.

