Ursula von der Leyen veut que le Canada devienne “le premier membre associé de l’UE”
La présidente de la Commission européenne a prononcé mercredi 16 septembre son discours sur l’état de l’Union. Parmi ses annonces, celle qui était adressée au Premier ministre canadien, Mark Carney, dans le contexte des tensions avec les États-Unis de Donald Trump, a vivement fait réagir la presse internationale..
Lors de son discours annuel sur l’état de l’Union prononcé le 16 septembre 2026 devant le Parlement européen à Strasbourg, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a proposé officiellement d’accorder au Canada le statut de membre associé de l’Union européenne (UE). Cette annonce a été faite en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, qui assistait à l’événement. La proposition vise à renforcer les liens entre l’UE et le Canada, dans un contexte marqué par les tensions commerciales et politiques avec les États-Unis sous la présidence de Donald Trump. Ursula von der Leyen a décrit cette initiative comme une volonté d’élever les relations bilatérales au plus haut niveau possible, sans pour autant préciser les modalités concrètes de ce statut.
Le terme de membre associé n’existe pas actuellement dans les traités européens. Il s’agit d’une proposition nouvelle, inspirée par des réflexions antérieures comme celle du chancelier allemand Friedrich Merz en mai 2026, qui avait suggéré la création d’un statut similaire pour certains pays partenaires. Ce concept reste flou : il ne correspond ni à l’adhésion complète à l’UE (réservée aux pays européens), ni à un simple accord de libre-échange comme le CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) signé entre l’UE et le Canada en 2017. Les médias européens soulignent que les contours de ce statut doivent encore être définis, ce qui laisse planer des incertitudes sur ses implications politiques, économiques et juridiques. Aucune date limite ni calendrier n’a été évoqué pour sa mise en œuvre.
Cette proposition s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué par les relations difficiles entre l’UE et les États-Unis sous Donald Trump. Ursula von der Leyen a évoqué la nécessité de diversifier les partenariats de l’UE pour réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis. Le Canada, partenaire historique de l’Europe, apparaît comme un allié naturel pour renforcer la coopération transatlantique. Mark Carney, Premier ministre canadien, a été invité à participer à ce discours, signe de l’importance accordée à cette relation. Les médias internationaux, comme le quotidien italien Il Foglio, soulignent que cette initiative pourrait être perçue comme une réponse aux pressions américaines, tout en restant prudents sur son impact réel.
La proposition a suscité des réactions contrastées. Certains observateurs, comme *Il Foglio*, la qualifient de *vrai pas en avant*, tandis que d’autres, comme le média paneuropéen *Euractiv*, soulignent son caractère flou et les défis à relever pour la concrétiser. Les médias relèvent que ce statut pourrait permettre une coopération renforcée dans des domaines comme le commerce, la sécurité ou l’innovation, sans pour autant intégrer le Canada dans les institutions européennes. Les prochaines étapes dépendront des négociations entre les deux parties, mais aucune feuille de route n’a été présentée. Les experts s’interrogent sur la faisabilité juridique et politique d’un tel statut, ainsi que sur son acceptation par les États membres de l’UE.

