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Géopolitique

Canada : chute de 48 % des étudiants étrangers sur la côte est

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Alors que le Premier ministre canadien a laissé entendre qu’il pourrait à nouveau intensifier l’immigration, les universités de l’est du pays font face à une baisse importante des étudiants internationaux. Explications..

Baisse record des étudiants

Les universités de la côte est du Canada, incluant les provinces du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador, enregistrent une diminution de 48 % des étudiants internationaux depuis 2024. Cette chute s’explique par l’imposition de nouvelles restrictions par le gouvernement fédéral canadien en 2024, visant à réguler l’afflux d’étudiants étrangers. Selon les données de l’Association des universités de l’Atlantique, cette baisse représente une perte significative pour ces établissements, qui dépendent financièrement de ces étudiants, notamment via les frais de scolarité plus élevés qu’ils paient. Par exemple, en date du 1er octobre 2026, une baisse de 18 % des inscriptions à temps plein a été observée par rapport à l’année précédente pour les programmes de premier cycle et d’études supérieures.

Impact économique régional

La baisse des étudiants internationaux a des répercussions économiques majeures pour la région de l’Atlantique canadien. Ces étudiants contribuent activement à l’économie locale en travaillant, en faisant du bénévolat et en dépensant dans les commerces et services. Leur présence est donc cruciale pour les universités et les communautés environnantes. Gabriel Miller, président-directeur général d’Universités Canada, souligne que cette situation illustre un défi national : les universités canadiennes peinent à rester compétitives dans l’attraction des talents internationaux. L’objectif initial du gouvernement fédéral était d’accueillir 155 000 nouveaux étudiants étrangers en 2026, mais seulement 28 200 étaient présents à la fin du mois de juillet 2026, soit bien en dessous des attentes.

Contexte politique et démographique

Le Premier ministre canadien Mark Carney a récemment évoqué la nécessité d’augmenter de manière maîtrisée la population du pays pour faire face au vieillissement démographique et aux pénuries de main-d’œuvre. Dans une interview accordée au New York Times en septembre 2026, il a indiqué que le Canada devait attirer les meilleurs talents mondiaux, notamment via ses universités. Cependant, les mesures restrictives imposées aux étudiants étrangers depuis 2024 ont limité cette attractivité. Le gouvernement fédéral est sous pression pour annoncer un nouveau plan d’immigration dans les prochaines semaines, afin de relancer l’attractivité des établissements canadiens et de répondre aux besoins économiques du pays.

Mesures restrictives et sélectivité

Les restrictions imposées en 2024 ont rendu le système d’accueil des étudiants internationaux plus sélectif et plus complexe. Selon Colin R. Singer, avocat spécialisé en droit de l’immigration, le Canada privilégie désormais les universités et programmes d’excellence, ainsi que les étudiants en maîtrise et doctorat. Le système actuel est donc très différent de celui en vigueur il y a trois ans. Tony Keller, chroniqueur du Globe and Mail, estime que le Canada doit attribuer un nombre limité de visas étudiants aux établissements les plus performants, tout en maintenant des frais de scolarité élevés pour ces étudiants. Cette approche vise à garantir que l’immigration profite avant tout au pays.

Ce que ça pourrait changer

Pour redresser la situation, le gouvernement canadien doit annoncer un plan annuel d’immigration dans les prochaines semaines. Ce plan pourrait inclure des mesures ciblées pour attirer les étudiants les plus qualifiés et favoriser les établissements les plus compétitifs. Cependant, la mise en œuvre de ces solutions prendra du temps, et les universités de l’Atlantique continueront de subir les conséquences de la baisse des inscriptions dans l’immédiat. Les acteurs locaux et nationaux soulignent l’urgence d’agir pour éviter un déclin durable de l’attractivité des universités canadiennes et des économies régionales qui en dépendent.

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